DANS LEMPIRE DU JAPON, Lrv. 1v. 377
lorſqu'il tombe. IIs font aſſis ſur des bancs, du còôté de la poupe,& ra-ment en cadence ſur un air de chanſon, ou ſur quelque autre bruit réglé.IIs n'étendent point leurs rames à la maniêre des Européens, droit en a-vant, pour fendre la fürface de l'eau; mais ils les laiſſent tomber perpendi-culairement& les relevent. Cette méthode eſt meilleure& moins pénibleque la nôtre, fur-tout pour un Pays où les Vaiſſeaux paſſent fort près lesuns des autres, parceque les Canaux ſont fort étroits,& où les bancs desRameurs ſont fort élevés. C'eſt par la même raiſon, que les rames ſont unpeu recourbées, avec un joint mobile au milieu, qui cédant à la preſſionde leau, donne plus de facilité à les relever. Dans tous ces Bâtimens„ lesdiverſes piéces de la charpente,& les planches, ſont attachées enſembleavec des crampons& des bandes de cuivre. L'éperon eſt orné d'un nœudde franges, compoſé de petits cordons noirs. Les perſonnes de qualitéfont tendre leurs cabanes d'un pavillon de drap, qui porte leurs armoiries.Leur pique, qui eſt la marque de leur autorité, eſt plantée ſur Parriere, àcôté du gouvernail;& de ſautre cêté, les Pilotes ont une girouette. Auffi-tôt qu'on a jetté l'ancre, on ôte le gouvernail, dont on appuye le bout ſurle rivage, pour faire une eſpece de pont, qui mene à terre, en paſſantpar l'ouverture de la poupe().
Ex faveur de ceux qui voyagent, les principaux Villages ont des Poſtes,qui appartiennent au Seigneur,& qui ſe nomment Siubu, où l'on trouveen tout tems, à des prix rêglés, un nombre ſuffiſant de chevaux, de Por-teurs, de Valets,& de touùt ce qui eſt néceſſaire pour la diligence ou lacommodité de la route. Leur diſtance ordinaire eſt d'un mile& demi,&jamais de plus de quatre miles. Kæmpfer en compta cinquante-ſix entreOſacka& Jedo. Elles ſont remplies de Cleres& de Teneurs de Livres,qui tiennent régitre de ce qui s'y paſſe chaque jour,& de Meſſagers éta-blis pour les Lettres& les Edits de Empereur. Ces Lettres, qui doiventStre portées à la Poſte voiſine, auffi-tôt qu'elles arrivent, ſont renferméesdans une petite boete, revêtue d'un vernis noir, avec les Armes Impéria-les; le Meſſager les porte fur ſon épaule, attachées au bout d'un petitbâton. II eſt toũjours accompagné d'un autre, qui prendroit ſfa place, s'illui arrivoit quelque accident. Tous les Voyageurs, ſans exception derang& de qualité, doivent ſortir du chemin, pour laiſſer le paſſageplus libre à ces Meſſagers, qui ſe font reconnoitre par le ſon d'une pe-tite cloche.
LEs Maiſons de Poſte ne ſervent point de logement; mais les Hôtelle-ries ſont en grand nombre,& fort bonnes ſur toutes les routes„ particu-lierement dans les lieux où la Poſte eſt établie. Elles ſont toutes à deux e-tages; mais le plus bas ne peut gueres ſervir que de magaſin. Quoiqu'ellesn'ayent pas plus de largeur que les maiſons communes, elles ont quelquefoisquarante toiſes de profondeur,& la plüpart ſont accompagnées d'un Tſu-b00, Ceſt-à-dire, d'un jardin fermé de murailles blanches. Ces maiſonsſont bien percées de fenetres, avec de ſimples jalouſies, qu'on laiſſe ouver-tes tout le jour;& lorſqu'il ne s'y trouve pas quelque perſonne de qualité,
avec
(e) Kempfer, pag. 317& précédentes.XIV. Part. B b b
DeschrrrronDU0 JApon.
Ornemenspour les per-ſonnes de
qualité.
Poſtes établies ſur lesroutes.
MeſſagersImpériaux.
GrandesHôtelleries.Leur deſcription.