Quelle ſortede gens paſſeaux Indes.
Spectacleamuſant pourFAuteur.
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üasFoyagesn de Gautier Scboutenv 15„n 21 A-.1 vreut ‚auxquelles il ſemble8 x. 1.que le leul h„ Ue Jamals la moin-dre vge dont or à fon caractéère. Cette apparence de
légéreté feroit une n de ſe déefier de ſon jugement& de ſa bonneI8
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foi, ſi ces deux qu atoient au contraire dans ſes récits& dans ſesiptions. Non-ſeulement les peintures y ſont vives& les détails inté-
an Iy rêgne un air de candeur& de ſfageſſe, qui platt autant
Aà curioſité, dit-il, le fit entrer au ſervice de la Compagnie Hollandoi-
ſes des Indes Orientales. Au mois d'Avril 1658, il s'embarqua au Texel,ſur une Flute, nommée le Nieuport, qui n'attendoit qu'un vent favorable
pour mettre à la voile. Lhabitude qu'il avoit de mener une vie rêglée, luifit voir d'abord, avec étonnement, les débauches& les excèes de la plüpartdes gens de Mer. Mais il en fut moins ſurpris, lorſqu'il eut congu qu'une
rande partie de ceux z. qui font le Voyage des Indes, n'embraſſent cetteréfolution que parcequ'ils ne peuvent ſubſiſter dans leur Patrie. IIs y ſontcontraints, ſoit par la miſère dans laquelle ils ſont nés, ſoit par celle oùdivers accidens les ont fait tomber. On fit paſſer à bord un homme quiavoit joui des plus grands avantages de la Fortune,& qui, g'tant ruinpar le jeu, étoit forcé, par ſes Parens, de ſervir la Compagnie des Indes,avec la ſimple qualité de Soldat. Sa femme, qui vint lui faire ſes adieuxfur le Vaiſſeau, lui laiſſa un petit coffre, médiocrement garni; ſeul reſtede Pabondance ouù il avoit vécu, auquel néanmoins, ſuivant la réflexion dePAuteur, il pouvoit en joindre le ſouvenir.
LA navigation n'eut rien de plus remarquable, juſqu'aun Cap de Bonne-Eſpérance, que la conſtance extraordinaire du beau tems, qui offrit, àSchouten, un amuſement continuel dans le ſpectacle d'une Mer prefquetofjours verte,& d'une armée innombrable de toutes ſortes de poiſſons&de monſtres, qui ne ceſſoient pas de ſe faire voir autour du Vaiſſeau. Ceuxqu'on nomme Diables de Mer, étoient d'une groſſeur épouvantable,& na-geoient ſi vite, qu'ils paroiſſoient voler au travers des flots. On prit destons, des marſfouins& des chiens de Mer, dont la chair n'eſt pas d'ungoüt délicat, ni de facile digeſtion(a).
Jauals aucun Vaiſſeau ne paſſa la Ligne, avec moins d'incommoditéque le Nieuport. Il arriva au Cap, le 23 de Juillet. Les Hollandois y com-mengoient à recueillir le fruit de la dépenſe& des peines qu'ils avoientemployées à cet Etabliſſement. Schouten fut charmé de réunir
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(*) On ne s'arréte à cette obſervation, monde ne ſoit pas en état de ſuivre cette mẽ.que pour y joindre une manière de les prée- thode. Mais les marſouins, dit- il, ſe man-parer, qui en fait une nourriture agréable& gent fort bien au poivre& au vinaigre-
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faine: c'eſt d'y faire une ſauce abondante, D'ailleurs, les dorades, les bonites, les co-de vin de France ou du Rhin. L'Auteur re- rertes,& les poiſſons volans, ſont une tresgrette, en faveur de l'Equipage, que toutle bonne nourriture. Pag. 4.