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Tome dix-huitième.
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INTRODPUcC-T10N.Obſtaclesqu'il eſt obli-gèé de ſurmon-ter,& propo-ſitions qu'il

fait à plu-ſieurs Cours.

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VOUSG18

L'ETAT de ſa fortune, dans un établiſſement médiocre, que le haſard lui

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avoit offert à Lisbonne(e), l'aſſujettiſſoit à communiquer des vües, qu'inl

ne pouvoit exécuter qu'avec de puiſſans ſecours.rence à ſa Patrie: mais les Génois, refroidis pour

II crut devoir la préfé-1 842 1les Voyages de Mer,

ar le tort que les découvertes des Portugais cauſoient à leur CommerceP g 8

rejettéèrent ſes propoſitions comme des fables.de cette négociation.

née, ni les circonſtancesces à Dom Juan, Roi de Portugal.

On ne trouve, ni l'an-Il offrit enſuite ſes ſervi-Cette ouverture fut d'autant mieux

regue à la Cour de Lisbonne, que le mérite de Colomb y étoit plus con-

nu que dans la République de Genes, d'ouù il Gtoit ſorti dès l'enfance.8-,

On

ſavoit qu'il s'étoĩt appliqué conſtamment à'étude de la Coſmographie, dePAſtronomie, de la Geométrie& de la Navigation,& qu'il avoit joint une

longue pratiquevoit parfaitementFAſtrolabe; ce que perſonne,

à ſes connoiſſances.

On remarque en particulier qu’il ſa-

l'art d'obſerver la latitude, ou la hauteur du Pöle paravant lui, mavoit exercé en haute Mer,

quoiqu'on en fit des legons publiques dans les Ecoles:& ſon Frêre, qui

Sétoit retiré comme Iui en Portugal,

s'y étoit acquis beaucoup de réputa-

tion pour les Cartes marines& les Sphères, qu'il faiſoit dans une perfee-

tion, dont on n'avoit pas encore eu d'exemple.

Aufſi fut-il écouté ſi favo-

rablement, que la Cour nomma d'abord des Commiſſaires(F†) pour exami-

ner ſes offres. Mais il devint la dupe de leur mauvaiſe foi.

rent regu ſes explications,

Lorſqu'ils eu-

ils perſuadèrent au Roi de faire partir ſecrette-

ment une Caravelle, avec ordre de ſuivre exactement ſes Mémoires, qu’'ilsavoient recueillis dans leurs conferences(g). A la vérité, leur artifice netourna qu'à leur honte. Le Pilote Portugais, qui n'avoit ni la téte, ni le

courage du Génois,de l'entrepriſe,étoient autant de chimères.

m'alla pas fort loin fans être effrayé par les difficultés& revint publier, à Lisbonne, que les nouveaux projetsColomb, dans l'indignation de ſe voir trompé,

prit auſſi-têt la réſolution de quitter le Portugal. II n'y étoit plus attachépar ſa femme, que la mort lui avoit enlevée depuis peu;& craignant mê-

(e) Son fls raconte qu'ayant couru long.vems jes Mers avec un Corſaire fameux, quiſe nommoit Colomb le jeune,& qui étoit deſa Maiſon, le feu prit à ſa Galère, dans unCombat contre les Vénitiens, entre Lisbon-ne& le Cap Saint-Vincent; qu'il ne ſe ſau.va qu'à P'aide d'une rame, ſur laquelle il fitdeux lieues, avant que d'arriver à terre;qu'étant allé à. Lisbonne, our il trouva quel-ques Génois de ſa connoiſſance, il y avoitparu aimable à une Demoiſelle, qui avoitſoubhaité de le connoitre,& qui l'avoit en-ſuite époufé; que cette jeune perſonne étoitmle de Pierre Mugnis Pereſtrello, aprẽs lamort duquel les deux Epoux avoient demeu-ré avec leur Mère,& que Colomb avoit hé-rité non-ſeulement de fes biens, mais enco-re d une Relation des Voyages de ſon Mari,qui avoit aidé à la découverte des Ifles de

me

Madere& de Porto-Santo. De ce Mariagenaäquit Diego Colomb, premier fils de Chriſ-tophe;& c'eſt apparemment une erreur, fon:dée fur le nom de ſa femme, qui a portéquelques Hifloriens à le faire deſcendre desPereſtrellos. Etant devenu veuf, il prit enſecondes noces Beatrix Enriquez, native deCordoue, dont il eut Ferdinand, qui m'eütde goùt que pour une vie paiſible,& quicompoſa Ia Vie de ſon Père

(†) Dom Diego Ortiz, Evéque de Ceuta,qu'on nommoit auparavant le Docteur Calca-dina, du lieu de ſa naiſſance,& deux Mé-decins Juifs, nommés JFoſepb& Rodrigue,fort habiles dans la Coſmoögraphie. Herrera,Chap. 7.

(&) Fernand Colomb dit nettement quece fut pour ſe diſpenſer de faire une granderécompenſe à ſon Pêre.