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Tome dix-huitième.
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INAMIII1IGUI;, I1In 1 17

Habitans. Le 28, il entra dans un grand Fleuve, qu'il appella San-Salwa- Cünisrorurdor. Les bois y n fort épais, les arbres d'une hauteur extraordinaire, Coroswn.les fruits différens des nõtres,& les oiſeaux en fort grand nombre. Deux 1492.maiſons, qu'on y appergut& qu'il fit vitſ ſter, ſe trouvèrent ſans Habitans.Découver.

2 tes quon faitIl s'avangça vers un autre Fleuve, auquel il donna le nom de Luna;&, plus qans cette

loin, il entra dans un autre, qui fut nommé Mares. Les rives en parurent Ille.

fort peuplées: mais la vüe des trois Caravelles fit prendre aufſi- têt la fuiteaux Indiens. Ceux que l'Amiral avoit à bord lui firent entendre qu'il trou-veroit de l'or dans cette Iſle,& 2p; Sipeng apparences ſembloient confirmerleur témoignage. Il ne permit point à ſes gens de deſcendre, dans la cr aintebe er trop les Inſu ſaires: mais ayant choiſi deux hommes intelligens(p),

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neldont P'un avoit été Juif,& ſavoit les Langues anciennes, il les envoya

dans un Canot, avec deux de ces Indiens, pour viſiter le Pays. II leur don-

na ſix jours pour cette expédition;& dans l'intervalle, il fit radouber ſon

Navire. On eihe n a que tor 81 bois, qui fut brülé, rendoit une ſorte

de gomme ou de ma ſtie,& que les feuilles reſſembloient à celles du lentiſ-

que. La profondeur du Fleuve étoit de ſept ou huit braſſes, à l'embou-

chure,& de cinq dans l'intérieur du Canal. II étoit bordé, au Sud-Eſt, par

deux Montagnes;& du côté de l'Eſt-Nord-Eſt, par un fort beau Cap, qui

a pris le nom de Baracoa, quoiqu'enſuite Diego Valaſquez lui ait donné ce- Cap Baracoalui de omption(9).

Av retour des deux Caſt tillans, qui amenoient trois Indiens de IIſle, on Rscir de di-apprit d'eux, qu'ayant fait vi ngt. deux lieues dans les terres, ils étoient ar-rivés à Pentrée d'un Village comhoſs de cinquante maiſons, qui conte-noient environ mille Habitans, nuds, hommes& femmes, mais d'un ca-ractéère ſi doux, qu'ils vS empreſſés de venir au-devant d'eux, deleur baiſer les pieds,& de les porter ſur leurs bras; qu'on les avoit faitaſſeoir ſur des ſieges d'une forme bizarre& garnis d'or; que pour alimens,on leur avoit donné des racines cuites, dont le goũt reſſembloit à celui deschataignes; qu'on les avoit preſſés de paſ ſſer quelques jours dans]'Habita-tion, pour ſe repoſer;& que n'ayant p les arréter par leurs prieres& leurscareſſes, ces bons Infulaires avoient permis à trois d'entr'eux de les accom-pagner juſqu'au rivage. IIs ajoũtérent que, dans le Voyage, ils avoient ren-contré pluſieurs Hameaux, dont les Habitans leur avoient fait le même ac-cueil; que le long du chemin, ils avoient vüũ quantité d'autres Indiens, laplapart avec un tiſon à la main, pour faire cuire leurs racines, ou certai-nes herbes, dont ils ſe parfumoient,& que leur méthode, pour allumer dufeu, étoit de frotter un morceau de bois avec un autre, ce qui ſervoit fa-cilement à Tenflammer; qu'ils avoient remarqué une infinité d'arbres, fortdifférens de ceux qu'on ctann ſur la Cöte;& diverſes eſpèces d'oiſeaux.entre leſquels ils n'avoient reconnu que des Perdrix& des Rofſignols; maisqu'ils mavoient pas appergu d'autres animaux terreſtres que pluſie eurs de cesChiens qui ne japent point; que les terres étoient couvertes d'une ſortede Fan. qu'ils avoient entendu nommer Mais,& dont ils avoient trou-

le got fort agréable; qu'ayant demandé s'il y avoit de'or dans l'Ifle,

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