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Tome dix-huitième.
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fonſe Pingon, qui la commandoit, excité par la paſſion de l'or, avoit vouluprofiter des avantages de ſa Caravelle, qui étoit très legére à la voile, pourarriver le premier dans cette Iile ſi riche, que les Indiens avoient anhon-cée. On fit inutilement quantité de ſignes, pour le rappeller à la ſoumiſſion.L. Amiral pénétra le fond de ſes deſſeins; mais, pour ne rien donner au ha-ſard des conjectures, il réſolut de paſſer quelques jours à'attendre dans untroiſieme Port de Cuba, également für& ſpacieux, qu'il nomma Sainte-Catherine, parcequ'on étoit à la veille de cette Feéte. En faiſant de l'eau&du bois, il vit, à peu de diſtance du rivage, des pierres, qui ſembloientrenfermer de l'or. Quelques Indiens étrangers, qu'il rencontra dans 8& qui furent témoins de ſes obſervations, lui apprirent que l'Ifle, qu'ilcherchoit ſous le nom de Bobio, étoit leür Patrie,& qu'eſle ſe nommoitHayti. Is lui confirmerent qu'il y trouveroit beaucoup de ce métal, fur-

rout dans une Contrée qu'ils appellérent Cibao. Ce nom réveilla l'idee qu’iln'avoit jamais perdue, d'un Cipango, fort vanté par Marc Paul de Veniſe.II ſe hata de remonter vers le Sud-Eſt de Cuba-, ou il ne cefſa point detrouver de fort bons Ports. Une Riviêere, dont l'entrée lui parut fortcommode, J'invita par la clarté de l'’eau, la beauté de ſes arbres,& lechant d'une multitude d'oiſeaux, à remonter aſfez loin dans les terres. II yvit, ſous quelques arbriſfeaux, une Fuſte de douze bancs;& dans une mai-ſon voiſine, qui fut abandonnée à ſon approche, il trouva un pain de cire& une téte d'homme. Ses gens n'ayant pas découvert la moindre trace decire dans toute PIfle de Cuba, il fit prendre ce pain, qui fut porté en Eſ-pagne;& l'on jugea, dans la ſuite, qu'il venoit de l'Tcatan, par quelquesliaiſons de Commerce qui m'ont jamais 6té pénétrées.

LEAHIRAL, continuant de ranger la Cête de Cuba, ſe trouva, le 3 deDecembre, à la Pointe Orientale de cette Iſle. II prit à'Eſt vers l'Ifle deHayti, qui m'en eſt qu'à dix-huit lieues; mais les Courans ne lui permirentd'y aborder que le jour d'après. II entra dans un Port, auquel il donna lenom de Sainmt-Nicolas, dont on célébroit la Fete. Le mouillage y étoit ſur& commode. Une Riviere, qui s'y déchargeoit tranquillement, offroitquantité de grands Canots qui bordoient ſes rives. Mais une juſte in-quiétude pour la Pima,& le conſeil des Indiens, qui vouloient qu'on al-lat plus loin pour s'approcher des Mines de Cibao, firent remettre à lavoile vers le Nord, juſqu'à un petit Port, qu'il nomma la Conception(v),au Sud d'une petite Ifle, cloignée d'environ dix lieues, qui fut nommée laTortue.. 1

L7IerE de Hayti parut ſi grande à Amiral, le terrein&c les arbres 2avoient tant de reſſemblance avec ceux de Caſtille, le poiſſon même, queſes Matelots prenoient en abondance, ſe trouva ſi conforme à celui qu'onprend ſur les Cotes de l'Europe, que toutes ces raiſons le déterminèerent àlui donner le nom d'"ſe Eſpagnole(x). II avoit nommé Ja premieère, San-Salvador, à'honneur du Rédempteur des Hommes; la ſeconde, Iſle de laConception, à'honneur de la Sainte Vierge;& les trois autres, Fernan-

dine,

(9) C'eſt un Port auquel les Francois ont(x) Herrera, ibidem.

GC.2

donné, depuis, le nom de Port- Ecu.

CHRISTObktkCoronl.1492.Alfonſe Pin-cCon ſe ſéparede lui.Port de Sain-te-Catherine.

Erreur cau-Ee par le nomde Cipango.

Colomb ar-rive à l'Ifle deHayti.

Port S. Ni-colas.

Port la Con-ception. Ifle laTortue.

Hayti recoitle nom d'lfleEſpagnole.