CHatsrorHz1493.
Comment
il elt regu.
Il trouvePinçon arrivéavant lui.
Il ſe rendà Seville.
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fition avec horreur. II donna ordre, aux premiers Seigneurs de ſa Cour,de loger& de traiter*'Amiral. IIl le revit deux fois, avec la même ſatis-faction;& l'ayant comblé d'honneurs& de préſens, il le fit conduire juſ-qu'à Lisbonne par Dom Martin de Norona. Colomb vit la Reine, en paſ-ſant à Villa-Franca,& n'en fut pas regu avec moins de diſtinction. Apeine fut-il entré dans la Capitale, qu'on lui offrit, au nom du Roi, la li-berté de faire le reſte du Voyage par Terre, avec une eſcorte& toutes lescommodités qu'il pouvoit deſirer juſqu'à la Frontiére. Il marqua beaucoupde reconnoiſfance pour cette nouvelle faveur; mais, n'ayant pas jugé àpropos de l'accepter, il remit à la voile pour l'Eſpagne, le 13, avec unvent ſi favorable, que le Vendredi 15, il entra vers midi dans le Port dePalos. On remarque qu'il en étoit parti le même jour de la ſemaine, troi-ſiéme d'Aoüt. Ainſi, dans leſpace d'environ ſept mois& demi, il avoitachevé une entrepriſe, qu'il avoit peut-être regardée lui-même commePouvrage de plaͤſieurs années(d).
Crr heureux retour fut célebré par des tranſports de joye;&, dans la pre-mière ſurpriſe d'un événement ſi merveilleux, on avoit peine à ne le pasprendre pour une imagination. Sans attendre les ordres de la Cour, lesBoutiques furent fermées à Palos, toutes les Cloches ſonnèrent,& l'Ami-ral, en ſortant de la Caravelle, regut des honneurs qu'on n’avoit jamaisrendus qu'aux Têetes couronnées. Sa modeſtie ne abandonna point danscette eſpèce de triomphe. Son premier ſoin fut d'écrire à Leurs MajeſtẽésCatholiques,& de leur envoyer une exacte Relation de ſon Voyage. LaPinta, qui avoit été ſéparée de lui par la tempête, avoit pris terre à Bayon-ne;& quelques Hiſtoriens racontent que Pingon s'Stoit rendu, par le pluscourt chemin, à Barcelonne, où la Cour étoit alors, dans eſpérance deparoitre le premier aux vyeux du Roi,& d'*y recueillir peut-être le prix ducourage& de P'habileté d'autrui; mais que ce Prince, à qui il fit demanderAudience, refuſa de l'écouter,& que le chagrin qu'il en eut le mit en peude tems au tombeau(e). D'’autres ont écrit que de Bayonne, il alla droità Palos, ouù il arriva le même jour que l'Amiral; que cette rencontre, àlaquelle il ne s'étoit pas attendu, F'affligea d'autant plus que Colomb avoitdéja fait des plaintes de ſa déſertion,& l'accuſoit d'avoir empêché, parce contre-tems, qu'il n'eũt viſité les Mines de Cibao, d'ouù il pouvoit ap-porter beaucoup d'or en Eſpagne;& que la crainte d'’être arrêté le fit ſor-tir fur le champ de la Ville, ou il ne laiſſa point de revenir après le départde ſon Chef, mais ſi malade de fatigue& de chagrin, qu'il y mourut peude jours après(F†).
CozoMs ne differa point à partir pour Seville, avec toutes les richeſſesqu'il avoit apportées du nouveau Monde,& ſept Indiens qu'il avoit em-barqués. II lui en étoit mort un ſur Mer,& deux reſtéêérent malades àPalos. L'impatience de le voir étant auſſi vive à la Cour, que celle qu'il
avoit
narder& lui enlever ſes papiers(c). Mais jean II. rejetta cette propo-g 8 85 I. re) Ppropeurs
(c) Ieſt étonnant que ſon Fils n'en diſe(e) Vie de Chriſtophe Colomb, Chap. 41.rien.(†) Oviedo, Liv. 2. Chap. 6.(d) Herrera, ubi ſuprò, Chap. 4.