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Tome dix-huitième.
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les Caravelles à prendre parti pour lui; mais, ſe voyant prévenu par la di-ligence de ſon Ennemi,& n'ayant rien à ſe promettre des Habitans de laVille, qui s'étoient déclarés contre ſa revolte, il aſſit ſon Camp à quelqueslieues des murs. L'Adelantade publia les Lettres qu'il avoit regues du RoiCatholique, l'honneur que Sa Majeſté lui faiſoit de confirmer ſon titre, lahaute faveur ouù ſon Fréêre étoit à la Cour;& ſon retour, qui ne pouvoit tar-der, avec ſix Navires. Enſuite, deſirant encore que P'Iſle füt pacifiéeavant Farrivée de ſon Frêre, il envoya Coronel méême à Roldan, pour l'ex-horter à rentrer dans la ſoumiſſion,& lui promettre un oubli général de ſesexces. D'auſſi loin que les Rebelles Tappergurent, ils le couchèrent enjoue, vappellant Trattre,& lui reprochant d'étre arrivé huit jours troptôt pour le ſuccès de leurs deſſeins. Cependant Coronel vit leur Chef,&lui repréſenta vivement le tort qu'il cauſoit à la Colonie; mais il ne regut,de lui& de ſes Complices, que des réponſes inſultantes,& des marquesd'arrogance. On ſgut, peu de jours après, qu'ils avoient pris le cheminde Xaragua, où, dans l'abondance des ſubſiſtances, dont ce Pays étoitrempli, ils ſe promettoient de vivre avec la derniére licence. En arrivantdans cette Province, Roldan déclara au Cacique qu'il venoit le délivrerd'un Tribut qui lui avoit été impoſé ſans la participation du Roi. II te-noit le même langage à tous les autres Princes, quoiqu'il ne füt pas long-tems ſur leurs Terres, ſans exiger beaucoup au-delà du Tribut dont il lesdélivroit. L'Adelantade, après pluſieurs proclamations contre lui& ſesPartiſans, les fit enfin déclarer Rebelles,& condamner au châtiment, ſui-vant les Loix d'Eſpagne.

Daxs l'intervalle, on apprit, à San- Domingo, que les Sujets de Gua-rinoex, également vexés par les deux Partis, l'avoient preſſé de profiterde leur diviſion pour ſecouer le joug; mais que ce pailible Cacique, in-ſtruit, par ſes difgraces, avoit pris le parti de ſe retirer avec un grandnombre de ſes gens chez les Ciguayos, Peuple guerrier, qui habitoit lesMontagnes du Nord, vers le Cap del Cabron,& qu'il y avoit été bien re-gu de Mayobanex, leur Souverain. La retraite de ce Prince faiſoit perdre,aux Caſtillans, le Pribut auquel il s'toit engagé. C'étoit aſſez pour luien faire un crime,&'Adelantade ſe crut obligé de l'en punir. II eut àpaſſer des Montagnes fort eſcarpées, aprées leſquelles il deſcendit dans unePlaine, qui eſt arroſée par une grande Rivière. Bientòt il y découvrit uneArmée nombreuſe, qui ſembloit F'attendre de pied ferme. Mais, s'étantavancé avec beaucoup de réſolution, il en fut quitte pour eſſuyer une gré-le de fléches, qui ne bleſſa point un Caſtillan;& ſes Ennemis ſe diſſipèrent auſſi-têt dans les Montagnes. Quoiqu'il ne penſàt point à les pourfui-vre, la perte de quelques- uns de ſes gens, qui furent maſſacrés à l'écart,lui fit prendre la réſolution de donner la chaſſe à ces Barbares. On en tuapluſieurs;& l'on apprit, des Priſonniers, que Mayobanex s'étoit fortifiédans un Village avec l'élite de ſes forces. LAdelantade ne différa point às'avancer vers cette retraite. Cependant, comme il cherchoit, dans la ſi-tuation de ſes affaires, à gagner les Indiens plutôt qu'à les vaincre, il pritle parti de faire offrir ſon amitié au Cacique, ſans autre condition que delivrer Guarinoex. Mais le fier Indien répondit„ que ſon Allié étoit un

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