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gnoit de rencontrer vers le Cap de Saint- Vincent, elle gouverna droit àIIſle Porto-Santo, ou elle arriva le 7 de Juin. Apreès y avoir fait de l'eau,elle ſe rendit à Madere. Le 19, elle jetta l'ancre à la Gomera, où'Ami-ral, apprenant qu'un Vaiſſeau Frangois avoit pris deux Caravelles Efj pagno-les, lui donna la chaſſe& reprit une des deux Caravelles. Enſuite, éetantpaſſé à l'Ifle de Fer, il ſe livra au deſir d'entreprendre de nouvelles décou-vertes: mais, pour ne pas laiſſer ſa Colonie ſans ſecours, il réfolut d'en-.voyer directement trois de ſes Vaiſſeaux à l'Ifle Eſpagnole; le premier,ſous la conduite d'Alfonſe Sanchez de Carvajal, Officier de mérite& denaiſſance; le ſecond, ſous celle de Pierre d' Arana, Parent de l'ancien Gou-verneur du Fort de Navidad, qui avoit été détruit par Caonabo;& letroiſiéme, ſous celle de Jean- Antoine Colomb, Génois, qui lui appartenoitpar le ſang. Ces trois Capitaines devoient commander tour à tour. IIls eu-rent ordre de faire'Eſt-quart- de- Sud. Eſt, pendant Feſpace d'environ huitcens lieues; enſuite, de porter à rOueſt-Nord- Oueſt, pour reconnottreFIle de Portoric, d'ouù la navigation eſt aiſée juſqu'à San- Domingo.
PouR lui, s'étant pourvũ de tout ce qu'il jugea néceſſaire pour une lon-gue courſe, il prit la route de'IHle de Fer, la derniere des Canaries àTOueſt. Son intention, ſuivant les termes d'Herrera, étoit de ſuivre, aunom de la Sainte Trinité, le Sud juſqu'à la Ligne,& de prendre enſuite à-''Oueſt, juſqu'au Sud-Eſt de l'Ifle Eſpagnole, dans l'eſpoir de rencontrerdes Iſles ou ja Terre-ferme. C'etoit une route qu’'il croyoit encore incon-nue: mais il avoit appris, des Inſulaires de lEſpagnole, qu'il étoit arrivé,dans leur Ile, des hommes noirs, avec des lances garnies d'un fort beaumétal, qu'ils nommoient Guanin. Il avoit eu, entre les mains, quelquesbouts de ces lances, qu'il avoit envoyés en Eſpagne,& dans leſquels on.avoit trouvé ½ d'or, 6 d'argent& 8 de cuivre. Toutes ſes lumières leportérent à croire qu'on ne pouvoit venir d'auſſi loin que de''Afrique auxAntilles, ſur des Bàtimens aufſi fragiles que ceux des Africains; d'oùuil concluoit que ces hommes étoient venus d'un Pays beaucoup moins cloi-gné(b).
APREs avoir doublé l'Ifle de Fer, il prit la route des Iſles du Cap Verd,qu'il ſe plaignoit qu'on avoit mal nommées, parceque dans ſes anciens Vo-vages il les avoit toüjours vües ſéches& ſtériles(c.⸗). Le 27 de Juin, ilappergut celle de Sal, qui ſe préſente la premieré. Enſuite, paſſant àcelle de Buenaviſta, il ſe rendit, le 30, à San-Jago. Son deſſein étoit d'yprendre quelques Beſtiaux, pour les tranſporter à Eſpagnole: mais, lesmaladies, qui commengoient à rêgner dans ſes Equipages, lui firent crain-dre le mauvais air de cette Ifle. Il ne penſa qu'à s'en éloigner, en régret-tant d'avoir allongé inutilement ſa route. Le 4 de Juillet, il fit gouvernerau Sud-Eſt, juſqu'à cinq dégrés de latitude du Nord. Le 133 à cettehauteur,& ſous un Ciel fort couvert, il eſſuya une chaleur ſi exceſſive,que le godron n'y réſiſtant point, ſon Vaiſſeau fit eau de toutes parts. Ses
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) Herrera, Liv. 3. Chap. 9. 1 nom, parce qu'elles en ſont voiſines,& que) Ul ne faiſoit pas attention que c'eſt ce Cap eſt, en effet, d'une charmante ver-du Cap Verd que ces Iiles ont tiré leur dure.
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III. Voyage.1498.
Diviſion qu'ilfait de ſa Flot-16.
Il ſe ſépare,pour aller fai-re de nouvel-les découver-tes.
Quels étoieneſes motifs,
II paſſe auxIſles du Cap-Verd.
Embarrasouùle jette l'ex-cês de la cha-leur.