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NIcvuSS5àA. deurs,& chargés de toutes les proviſions qui convenoient à ſon entrepriſe.1510. Une tempete les avoit preſqu'aufſi-tòt diſperſés. Lope d'Olano, ſon Lieu-Avantures tenant, Tavoit quitté pendant la nuit, ſous prétexte qu'il lui étoit impofli-le Nicueſſi. ple de tenir la Mer;& s'étant joint au gros de'Eſcadre, qui étoit entréedans le Chagre, il s'en étoit fait reconnoitre le Chef, dans la fauſſe ſuppo-ſition que la Caravelle du Commandant avoit été ſubmergée. Mais 1n a antpü ſe garantir de la miſèére, qui fit périr quantité de ſes gens, il avoit for-né le deſſein de retourner à TEſpagnole.
NIcuEssà, jetté ſeul ſur une Côte inconnue, y perdit, en effet, ſaCaravelle,& ſe vit forcé de chercher, par terre, le Veragua, qui étoit lerendez-vous général. Dans cette marche, un trêès grand nombre d'Eſpa-gnols périrent de miſère, ou par les mains des Sauvages. D'autres aban-donneérent leur Chef, ſans ſuivre de route certaine,& ſouffrirent tous lestourmens de la faim, de la ſoif& de la chaleur. Enfin, quatre Martelotsarrivèrent, dans une Chaloupe, à lentrée de la Rivière de Belem, où ils ren-contrêrent Olano, qui avoit differé juſqu'alors à mettre à la voile,& luidonnèrent avis que Nicueſſa venoit, par terre, le long du rivage. Olanocrut Poccaſion favorable pour rentrer en grace. II lui envoya;, ſur le champ,Il retrouve quelques proviſions dans un Brigantin. On m'alla pas loin fans le rencon-Olano,& ne trer. Mais avec quelque joye qu'il düt recevoir un ſecours auquel il227-7 devoit la vie, il demeura long-tems ferme dans la réſolution qu'il avoit1epriſe de punir du dernier fupplice la trahiſon de ſon Lieutenant, quilui avoit déja coté environ quatre cens Hommes,& qui Pavoit réduitlui-même aux derniéres extrémités. Cependant il lui fit grace de lavie, à la prieère de ſes gens, qui ſe jettérent tous à ſes pieds pour leHechir; mais il le retint Priſonnier, dans la réſolution de le renvoyer
en Eſpagne. 8Extrèmité LEs Gaſtillans tirèrent peu de fruit de leur réunion. Ils retombèrent8 bien tõt dans tous les maux dont ils s'étoient crus délivrés,& la faim de-Süs plus preſſant. Nicueſſa leur permit de ſe répandre dans le Pays,Cadavre.& d'employer la violence pour forcer les Indiens à leur fournir des vivres.Mais ces Barbares, qui étoient bien armés, ſe défendirent avec beaucoupde vigueur. Leur réſiſtance ayant êté toute reſſource à leurs Ennemis, onvit produire, au deſeſpoir, un effet, qui étoit peut- être ſans exemple.Trente Caſtillans, ayant un jour trouvé le corps d'un Indien, tué dans quel-que rencontre,& touchant preſqu'’à la pourriture, le mangeèrent avide-ment,& moururent tous de cet horrible feſtin(r). Enfin, Nicueſſa, de-ſeſperant de pouvoir s'Stablir au milieu d'un Peuple ſi féroce, laiſſa une par-tie de ſes gens dans la Riviere de Belem, ſous les ordres d'Alfonſe Nugnez;&, conduit par un Matelot, qui avoit été du dernier Voyage de Chriſto-Nicueſſa phe Colomb, il ſe rendit avec les autres à Porto-Bello.é II y trouva le riva-pafſe à Forro. ge couvert d'une multitude infinie dIndiens, armés de zagaies, qui lui tué-e. 9 rent vingt Hommes. Ce cruel accueil le mit dans la néceſſité d'avancer ſixà plus loin. ou ſept lieues plus loin, juſqu'au Port, qui avoit regu; de Colomb, le nomOrigine du de Baſtimentos. II y jetta ancre, en difant dans ſa langue: Arrétons-nousnom de Nom- icidre de Dios. 3
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) Le méme, Liv. 8. Chap. 2.