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VO V AGE 8S
II Stoit queſtion d'en choiſir trois, que le Cardinal Régent vouloit revétir
d'une autorité preſqu'abſolue.res à celles du Général.
Las Caſas fut chargé de joindre ſes lumié-IIs s'accordêèrent en faveur de trois Religieux, é-
galement reſpectables par leur ſavoir& leur piété(t). Le nouveau Régle-ment portoit que les Indiens ſeroient inſtruits dans la Foi,& qu'on les oc-
cuperoit utilement,
vüe, qu'ils ſeroient féparés des
mais ſans rigueur, pour les mettre en état de payer àla Couronne le tribut qu'on leur avoit impoſé.
ſpagnols; qu'on en formeroit pluſieurs
On ordonnoit, dans cette
Villages, dans chacun deſquels on placeroit un Miſſionnaire, avec toute
y'aaſſigr& que le tribut ſeroit meſuré ſur la n
vantages de la ſituation.Aussr-Trôr le Régent, ſans
jes clameurs, fit dreſſer les inſtructions dment ſi ſingulier, qui fut d'ailleurs commemenès, mérite d'étre repréſenté avec plus d'étendue(v).
(t) Le Père Louis de Fuerva, Prieur dela Myorade d'Olmedo, déclaré Chef de laCommiſſion, le Pêère Bernardin de Manzado,& le Prieur du Couvent de S, auquel on fubſtitua enſuite celui du Couventd Ortega.
(v) Le premier article portoit qu'en arri-vant à''Ifle Eſpagnole, ils commenceroientpar licencier les Indiens de'Evéque de Bur-gos, ceux du Commandeur de Conchilos, deFerdinand de Vega,& généralement de tousles Miniſtres& Seigneurs de la Cour, qui a-voient obtenu des Départemens du feu Roi.Par le ſecond, il leur étoit enjoint d'’aſſebler les Eſpagnols, pour leur déclarer6toient envoyés pour examiner leute, dont on avoit fait de grandes& remédier aux abus. Le troiſieme leur or-donnoit de bien faire ſentir que dans cette re-cherche ils auroient uniquement en vbien Public& celui des Particuliers. Le ctriéme portoit qu'ils appelleroient enſuiteprincipaux Caciques,& leur parleroices termes:„ Le Conſeil des Rois C„ ques, vous regardant comme un Peuple„ bre, Sujet de leur Couronne& Chréti„ nous a envoyés ici pour entendre vos g„ Ne craignez point de déclarer les tort„ qu'on vous a faits, afin qu'on y remèdie,„& qu’'on en puniſſe les auteurs. Nous„ ſouhaitons aufſi d'apprendre de vous-mè-„ mes ce qu'on peut faire pour vòôtre ſoula-„ gement; car perſuadez-vous bien que Leurs„ Majeſtés ont à cœur vos intéréts, autant„ que vous-mêmes,& n’'épargneront rien„ pour vous en donner des preuves“9. LesCommiſſaires devoient faire viſiter, par desFeligieux, toutes les Habitations de l'Ifle,
aucu
utorité néceſſaire pour faire reſpecter ſon miniſtère& ſa perſonne; qu'onüͤgneroit, à chaque Famille, un héritage qu'elle cultiveroit à ſon profit;ature du terrain,& ſur les autres a-
a Egard pour les repréſentations&es Commiſſaires. Un Etabliſſe-eſfai Politique du fameux Ni-
Ir
pour s'aſſurer de quelle maniére on avoit
traité juſqu'alors les Indiens; s'informer exac-
tement de l'état des Mines; voir s'il étoit à
propos de réunir les Naturels du Pays& d'en
former des Bourgades;& ſuppoſé qu'on prit8 9 -
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ce parti, compoſer ces Bourgades de 300 In-diens, qui auroient une Egliſe, un Hôõpital,un Cacique; prendre ſoin que les Habitansdes Bourgades éloignées des Mines s'appli-quaſſent aux travaux de la terre, ſoit pour entirer des vivres, ſoit pour cultiver le Co-ton, le Gingembre, la Caſſe, l'Indigo, lesCanmes de ſucre,& d'autres Plantes qui fai-ſoient déja le fond d'un très- grand. Commer-ce; régler que les Caciques, commandansdes Bourgades, auroient quatre fois plus deterrain que les autres,& que chacun de leursSujets ſeroit tenu de leur donner tous les ansquinze journées de ſon travail; nommer desViſit Royaux, dont chacun auroit in-ſpection ſur un certain nombre de Bourgades;etablir qu'on n'entreprendroit rien de confi-dérable dans une Bourgade, ſans le conſen-tement du Miſſionnaire, du Cacique& duViſiteur; déclarer que ce Viſiteur feroit toũ-jours un n., nommé par le Roi.&que ſon pr al ſoin ſeroit d'empêcher qu'onne fit aucun tort aux Indiens de ſon Diſtrict;avertir les Caciques qu'avec l'agrément duViſiteur& du Miſſionnaire, ils pourroientcondamner au fouet, mais que pour les cri-mes, qui meériteroient d'autres peines, laconnoiffance en ſeroit reſervée aux Tribu-naux établis par le Roi; empecher que lesIndiens n'euſſent aucune ſorte d'armes; nepas ſouffrir qu'ils fuſſent nuds; ne leur paspermettre d'avoir plus dune Femme, ni dechanger celle qu'ils auroient une fois priſe;de-