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Tome dix-huitième.
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3 E N A M ERIOQVU E, Lrv. I. 209

„ manqueroient pas d'attirer ſur võtre Couronne'indignation& les rigou-„ reux chatimens du ſouverain Mattre des Rois()“*.

Don Diegue Colomb eut ordre enſuite de donner ſon avis. Les grandsmaux, dit:-il, qu'on venoit de repréſenter, n'étoient que trop manifeſtes;& les Miniſtres de la Religion, qui s'étoient tant de fois élevés contr'eux,en étoient les véritables témoins. C'etoit juſtement qu'apréès avoir vũ T'i-nutilité de leur zele, ils ſe croyoient obligés d'apporter leurs plaintes aupied du Trône. Bientôt les Indes ne ſeroient plus qu'un vaſte déſert;&lui, qui mavoit pas d'autre reſfource que 1'Etabliſſement qu'il y avoit ob-tenu de la Couronne, ne voyoit déja plus de lieu au Monde odù il pütſe retirer. II ajodta qu'il n'avoit pas eu d'autre motif pour faire levoyage d Eſpagne,& qu'il aſſuroit Sa Majeſté, que de toutes les affairesqu Elle avoit à terminer, c'etoit une des plus importantes pour ſa gloi-re& ſa conſcience.

Aussr r01 que l'Amiral eut fini,'Evéeque du Darien demanda la permiſ-ſion de parler encore une fois. Mais, aprés un moment de confultation a-vec le Roi, le Chancelier lui dit que s'il avoit quelque choſe à repliquer,Sa Majeſté lui ordonnoit de le mettre par écrit,& qu'on y feroit une ſé-rieuſe attention. Ce Prélat fit deux Mémoires, qui regardoient unique-ment Pedrarias& la Province du Darien;& dans une Affemblée, qui ſetint chez le Chancelier, il déclara qu'il approuvoit les vqes& lentrepriſede Las Caſas. Mais une fievre maligne l'ayant emporté dans l'eſpace detrois jours,& Charles étant attendu par ſa Flotte, à la Corogne, pour al-ler recevoir la Couronne de l'Empire, F'affaire des Indes demeura ſuſpen-due. II paroit que ce jeune Prince commengçoit à craindre que la jalouſien'e0t quelque part à la protection déclarée que le Chancelier& les SeigneursFlamands accordoient à Las Caſas,& qu'il vouloit attendre des informa-tions moins ſuſpectes ſur un point dont il fentoit l'importance(2).

(y) Herrera, Tom. 2. Liv. 4. Chap. 5.

() Fbid. Liv. 4. Chap. 5. Hiſt. de Saint- Domingue, Liv. 5. pages 179& précédentes.

k 2Dernier Voyage de Jean Diaz de Solis,& Dawouvertes au Sud.

ENDANT le cours de ces Néegociations, qui n'avoient pas duré moins

d'environ trois ans, pluſieurs Avanturiers avoient tenté de nouvellesdécouvertes; mais la plupart vers le Sud, par un ordre particulier du Roi,qui craignoit que les Portugais ne vinſſent moiſſonner de ce cõôté-là ſes plusbelbes eſpérances,& qui ſe promettoit d'ailleurs, fur les raiſonnemens desCoſmographes, de trouver un paſſage par cette voye pour le Commerce desMoluques. Son impatience avoit été ſi vive, qu'ayant fait armer deuxVaiſſeaux, dont il avoit Conné le Commandement à Jean Diaz de Solis, leplus habile Navigateur de ce tems, il n'avoit point attendu que tous lespréparatifs fuſſent achevés, pour les preſſer de lever rancre;& pun desdeux s'étoit ouvert au moment du départ. Cependant, on Pavoit reparéavec tant de diligence, que Solis s'étoit trouvé en état de mettre à la voilele 8 d'Octobre 1515. II n'étoit arrivé qu'à la fin de la même année à la vüedu Cap Saint-Auguſtin, d'ou il s'étoit avancé vers Jembouchure du FleuveVIIII. Part. b D d de

Sorre pPrs.DECOUVERTEsS.1518DiſcoursDom Diegu

Colomb.

L'affaire

rdes Indes eſt

ſuſpendue.

DrAàZ2 DE 809LIS.

Voyage deJean Diaz deSolis.

Ses décou-vertes au Sudde'Ameri-

que.