DrescXIPTIONDE L. ISLEEsrAGNOLE.
Villes bàtiespar les Eſpa-gnols.
San-Domin-go change deſituation.
Ses incom-inodités.
Sa deſcrip-tion,& quel-le étoit autre-
fois ſa beauté.
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ma, puiſſant Cacique, qui fit, juſqu'à ſa deſtruction, ſon ſejour ordinairevers la Preſqu'Ile de Samana(†).
LEs Eſpagnols ayant bientét changé l'ancienne forme du Gouvernementde yIſle, on y vit nattre par leurs mains quantité de Villes, dont on a rap-porté ſucceſſivement origine. Apreés la ruine de San- Domingo, qui futrenverſée en 1502 par un ouragan, Ovando, Gouverneur Général, chan-gea la fituation de cette Place, qui étoit à l'Orient du Fleuve d'Ozama. IIla tranſporta ſur lautre Rive, par la- ſeule raiſon qu'il s'y trouvoit déja
quelques Habitations Eſpagnoles. On P'accuſe de m'avoir pas fait réflexion,
que pour la commodirté d'un petit nombre de Particuliers, il faiſoit perdre,Ala Ville, deux avantages conſidérables, dont l'un ne pouvoit être rem-placé,& Pautre ne pouvoit F'étre ſans qu'il en coꝑtat beaucoup. La Vil-le, étant à 1'OQueſt, fe trouve continuellement enveloppée des vapeurs du-Fleuve, que le Soleil chaſfe devant lui; ce qui eſt fort incommode dans unPays ſi humide& ſi chaud. D'un autre côté, elle ſe trouve privée d'uneſource d'excellente eau, dont elle jouiſſoit dans ſa premiere ſituation;&comme l'eau des Puits& celle du Fleuve ſont ſaumatres, on n'y a ſapplééjuſqu'à préſent que par des Citernes. Un Officier Frangçois(g), qui a com-mandé long-tems dans une Place de'Ille,& qui en connoiſſoit toutes lesParties, rapporte qu'on a découvert une autre ſource à cent pas de la Vil-je, du cêté du Nord,& que tous les Navires y font leur proviſion d'eau;mais que les Habitans, la trouvant preſqu'aufſi éloignée que celle qui eſt àPEſt de la Riviére, s'en tiennent aux Citernes, malgré leurs mauvaiſes qua-lités. On juſtifte Ovando par le deſſein qu'il avoit de faire, au milieu dela Ville, un Réſervoir, avec une magnifique Fontaine, pour y recevoir leseaux d'une autre Rivière, nommée la Hayna, qui ſont excellentes,& quilne falloit faire amener que d'environ trois lieues. Mais il fut rappellé a-vant Pexécution de fon projet.“ 6 1
Cruvx, qui ont vül la Capitale de Saint- Domingue dans tout ſon luſtre,aſfurent qu'il ne lui manquoit que cet ouvrage, pour etre une des plus bel-les Villes du Monde. PFlle eſt ſituée fur un terrain parfaitement uni, oùelle s'étend du Nord au Sud le long du Fleuve, dont la Rive eſt bordée de
8 peaux jardins. La Mer borne la vüe au Midi, comme le Fleuve& ſes
bords la terminent à l'Orient;& ces deux côtés occupent plus de la moi-
tié de Horiſon, parce que le Fleuve tourne un peu à rOueſt. La Campa-M Geö. des deux autres cêtés, eſt d'une beauté finguliere. L intérieur de la
Ville répondoit à de ſi beaux dehors. Les Rues étoient larges& bien per-cées,& les Maiſons exactement alignées. La plüpart étoient bâties d'uneſorte de marbre, qu'on a trouvé dans le voiſinage. Les autres étoient d'u-
ne
(f) Las Caſas donne à cette Province une Canton du Higuey.Reine, qu'il nomme Hyguanana. II ajoüte(&) M. Butet, Lieutenant de Roi& Com-
que les Eſpagnols la firent pendre, comme mandant à Bayaba, qui a parcouru toute If-
Knacoana; mais on n'en trouve aucune tra- le en 1716&R 1717, X dont le nouvel Hiſto-ce dans les autres Hiſtoriens. C'toit peut.- rien g'eſt procuré le Journal. Liv. 1. Page
etre une Cacique patriculiére de quelquc 23,& Liv. 3. poges 287 G-uio.