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Tome dix-huitième.
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EIIN A;MIIEe 215ne eſpèce de terre, extr'mement liante, qui durcit à Tair,& qui dure preſ- 1“qu'aurant que la Brique. Le pied des murs eſt encore baigné par la Mer,&mui fait une digue aſſez forte pour la mettre à l'abri de ſes fureurs. Les Na.vires paſſent le long de la Ville,& le mouillage y eſt bon par-tout, pourles Vaiſſeaux même de Guerre, s'ils y pouvoient arriver; mais Pentrée duFleuve eſt coupée par une Barre, qui n'a ordinairement qu'onze pieds d'eau,treize à quatorze en Marée haute,& quinze au- plus dans les grandes Ma-rées. La Rade extérieure eſt aſfez füre, excepté depuis le milieu de Juil-let juſqwau premier d'Octobre, qu'il rogne fur cette Coôte des ouragansd'une violence extraordinaire.LE terrain des environs de la Ville n'eſt pas le meilleur de''Ile. II eſt Qualités du-raboteux, inégal, ſemé de petites Collines,& d'un fond de pure argille. 11616““Aufſi les Eſpagnols y font-ils fabriquer beaucoup de Briques,& de tres bel-les Poteries, d'une terre plus fine& plus rouge que celle de la Havane,dont on fait d'ailleurs tant de cas;& Peau s'y conferve extremement fras-che. La ſtérilité de Ja terre eſt compenſée par un air aſſez frais, qu'on at-tribue en partie à la Riviêre& à la Mer, dont la plus grande moitié de laVille eſt environnée, en partie au Salpétre qui s'y trouve en abondance.Les vents du Nord, qui y régnent toutes les nuits,& les brifes de P'Eſt&de lEſt Sud-Eſt, qui y ſoufflent ordinairement tous les jours, contribuenraufſi beaucoup à cette fraacheur: ce qui n'empéche point que les Eſpagnolsn'y ſoient ſujers à une maladie qui leur eſt particuliére,& qu'ils appellentPaſino. Elle attaque les nerfs, qui ſe roidiſſent& ſe retirent: le ſang ſe Maäladiescongele dans les veines; les Malades ſouffrent beaucoup du déefaut de reſpi- dont il eſt at.ration,& cC'eſt rarement qu'ils en guériſſent. On a va quelques Négres 1mourir de ce mal, mais on aſſure qu' aucun Frangois n'en eſt attaqué. LaLépre eſt aſſez commune auſſi dans cette Capitale,& quelques- uns en at-tribuent la principale cauſe à l'eau des Citernes. II ſe trouva dans Pencein.te de la Ville une Mine de Vif- argent fort abondante, qui fut fermée parun ordre de la Cour. On y découvrit même une Mine d'Or; mais elle rap-portoit peu. Les débordemens du Fleuve Ozama ne ſont ni fréquens, nidangereux, parce que ſes bords ſont fort élevés. Cependant il pleut beau-coup dans ce quartier de'Iſle,& les plus grandes ſéchereſſes n'y durentpas plus d'un mois. Les pluyes, qui viennent ordinairement du Nord-Eſt& du Sud-Eſt, s'arrétent à quatre lieues ſous le vent, aux environs de la.Riviére vuna;& on a obſervé que tous les quartiers qui ſont à Oueſt dela Capitale, juſqu'à ceux qu'occupent aujourd'hui les François, font ſi fou-vent expoſés aux féchereſſes, que les Beſtiaux y périroient de ſoif, ſi lonmavoit ſoin de les mener dans les doubles Montagnes, pour les y nourrirde feuilles d'Arbres; précaution, qui men fauve même qu'une partie. En-fin, les tremblemens de terre ſont aſſez fréquens aux environs du FleuveOzama; mais ils n'y cauſent preſque jamais d'effets dangereux. 1OvANDo bàtit une Fortereſſe, qui s eſt conſervée juſqu'aujourq'hui. Le FortereſſePalais, quil eleva pour ſa demeure, étoit d'une magnificence achevée. 1I eGfonda un Couvent pour les Pêres de Saint- Frangois,& un Höôpital, ſous le 8titre de Saint- Nicolas, dont il portoit le nom. Quelques années après, les.Religieux de Saint-Dominique& de la Merci vinrent aufſi s'tablir dansJ Sane⸗,