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GRIIALVvA Stoit parti, dans le même tems qu’'Alvarado, pour continuerſes découvertes, en ſuivant la Côte vers le Nord. Apreés avoir reconnu lesdeux Montagnes de Tuſpa& de Tuſta, qui s'étendent fort loin entre la Mer& la Province de Tlaſcala, il entra dans la Province de Panuco, qui eſt ladernière de la Nouvelle Eſpagne, du còôté du Golfe. Mais lorfqu'il eutmouillé dans une Riviére, qu'il nomma Kio de Canoas, parce qu'il y trouvaun grand nombre de Canots, le Vaiſſeau d'Alfonſe d'vila, qui étoit le plusavancé, fut attaqué par une multitude d'Indiens, auxquels il n'auroit puͦ ré-ſiſter, ſi Grijalva n'étoit venu le ſecourir avec toutes ſes forces. On fitune cruelle boucherie de ces Barbares;&'Eſcadre étant ſortie de la Ri-vière, ſuivit les Côtes de Tlaſcala, pour s'avancer vers une Pointe, où lesCourans devinrent ſi contraires, qu'après quantité d'efforts pour la doubler,le Pilote Alaminos déclara qu'il y avoit de l'imprudence à le tenter pluslong-tems. Alors pluſieurs Officiers de'Eſcadre ſe réunirent encore pourengager le Général à faire un Etabliſſement,& l'auroient peut-être em-porté, ſi d'Avila& Montejo n'euſſent été d'un avis oppoſé. Mais le ré-fultat du Conſeil fut de reprendre enfin la route de Cuba, où Ton arriva le10 de Septembre.
N paſſant au Port de Matances, Grijalva fut informé des préparatifsqu'on y faiſoit déja pour une autre Expédition. Comme il ignoroitencore les diſpoſitions de Velaſquez, il ſe flatta que s'il étoit queſtion dela Nouvelle Eſpagne, le Commandement de cette Flotte ne pouvoit êtreconfié qu'à lui. Ses eſpérances furent bien trompées, lorſqu'au lieu desfélicitations& des remercimens auxquels il s'étoit attendu, Velaſquez luifit publiquement de vifs reproches. II ne repliqua qu'en produiſant I'Ordrequ'il avoit regu de lui- même: mais le Gouverneur étoit ſi rempli de ſes pré-ventions, qu'en reconnoiſſant que cet Ordre étoit de ſa main, il traita decrime la fidélité avec laquelle on l'avoit ſuivi. Il députa Jean de Salcedo àv'Iſle Eſpagnole, pour faire agréer ſes nouveaux deſſeins aux GouverneursJEronimites;& dans la crainte de perdre un moment, il fit radouber aufſi-töt les Vaiſſeaux qui avoient ſervi au Voyage de Grijalva. Avec ceuxqu'il avoiĩt achetés, il en compoſa une Flotte de dix Navires, depuis qua-tre-vingts juſqu'à cent tonneaux. Mais il gtoit queſtion de leur donner unCommandant.
IIL auroit ſouhaité, ſuivant Solis, d'en trouver un, dans le caractère du-quel la grandeur du courage fut réunie avec une ſoumiſſion ſervile, c'eſt-à-dire, avec la baſſeſſe de J'eſprit(a): deux extrémités qu'il eſt difficile derapprocher. La voix publique étoit pour Grijalva, qui ſe recommandoit
ar ſes bonnes qualités, par ſes ſervices,& par la connoiſſance de la Route& du Pays. Antoine& Bernardin Velaſquez, tous deux proches Parens duGouverneur, Balthazar Bermudez, Vaſco Porcallo,& d'autres Officiers dediſtinction ſe mirent ſur les rangs; mais les uns portoient trop haut leurspré-
(2) Solig, Chap. 9.WVIII. Part. K k
GnrjAr-va.
151 8.
Panuco.
Rio de Ca-
nO3s.
Grijalva re-tourne à Cu-ba.
FrRNANDCoRTrEz.Nouvelleentrepriſepour ſuivrejes découver ·tes.
Armementde Velaſquezdans PIfle deCuba.
Son embar-ras pour lechoix d'un