FERNANDCoRTEz.
1519.
Caractèrede lEmpe-reur, qui ſenommoit Mo-tezuma.
Combien ils'étoit renduodieux.
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pour eviter la tyrannie,& pour conſerver leur liberté au milieu des Bé-tes ſauvages. 1
IrL n'y avoit pas plus de cent trente ans que PEmpire du Mexique étoitparvenu à cette grandeur, après avoir commencé à s'elever, comme la plo-part des autres Etats, ſur des fondemens aſſez foibles. Les Mexiquains,portés par inclination à l'exercice des armes, avoient aſſujetti par dégréspluſieurs autres Peuples qui habitoient cette partie du Nouveau Monde.Leur premier Chef avoit êté un ſimple Capitaine, dont Padreſſe& le cou-rage en avoient fait d'excellens Soldats. Enſuite ils s'étoient donnés unRoi, qu'ils avoient choifi entre les plus braves de leur Nation, parce qu'ilsne connoiffoient pas d'autre vertu que la valeur;& cet uſage, de donnerla Couronne au plus brave, ſans aucun égard au droit de la naiſfance, n'a-voit eté interrompu que dans quelques occaſions, où l'égalité du mérite a-voit fait donner la préférence au Sang Royal. Motezuma, ſuivant lespeintures qui compoſoient leurs Annales, étoit Ponzieme de ces Rois(p).Quoique ſon Peêre eüt occupé le Trône, il n'avoit dü ſon élévation qu'àſes grandes qualités naturelles, qui avoient été ſoutenues long tems par l'ar-tifice. Mais lorſqu'il s'Etoit vA le Mattre, il avoit läché la bride à tous lesvices qu'il avoit ſqu déguiſer. Son orgueil avoit éclaté le premier, en luifaiſant congedier tous les Officiers de ſa Maiſon, qui étoient d'une naiſſan-ce commune, pour n'employer que la Nobleſſe, juſques dans les Emploisles plus vils; affectation également choquante pour les Nobles, qui ſe trou-voient avilis par des fonctions indignes d'eux,& pour les Familſes populai-res, qui s'étoient vü fermer P'unique voie qu'elles avoient à la fortune. Iparoiſſoit rarement à la vüge de ſes Sujets, ſfans excepter ſes Miniſtres mé-mes& ſes Domeſtiques, auxquels il ne ſe communiquoit qu'avec beaucoupde réſerve;„ faiſfant entrer ainſi, ſuivant l'expreſſion de Solis, le chagrin„ de la folitude dans la compoſition de ſa Majeſté*. II avoit inventé denouvelles révérences& des cérémonies genantes, pour ceux qui appro-choient de ſa Perſonne. Le reſpect lui paroiſſoit une offenſe, s'il n'etoitpouſſé juſqu'à Padoration;& dans la feule vüe de faire eéclater ſon pouvoir,il exergoit quelquefois d'horribles cruautés, dont on ne connoiſſoit pas d'au-tre raiſon que ſon caprice. Il avoit créé, ſans néceffité, de nouveauximpôts, qui ſe levoient par téte, avec tant de rigueur, que ſes moindresSujets, juſqu'aux Mandians, étoient obligés d'apporter quelque choſe aupié du Trêne. Ces violences avoient jetté la terreur dans toutes les par-ties de'Empire,& cette terreur avoit produit la haine. Pluſieurs Pro-vinces s'étoient révoltées. II avoit entrepris de les chaàtier lui-méême.Mais celles de Mechoacan, de Tlaſcala& de Tepeaca, ſe ſoutenoientencore dans la révolte. Motezuma ſe vantoit de n'avoir differé à lesſoumettre, quê pour ſe conſerver des Ennemis,& fournir des Victimesà ſes cruels Sacrifices. II y avoit quatorze ans qu'il regnoit ſuivant cesmaximes(„).
MAIS
(p) Voyez ci-deſſous, dans la deſcription ces de leur Hiſtoire.de 1Empire, les noms& la ſuite de ſes Pré-(4) Solis, Liv. 2. Cbap. 3.déceſſeurs, avec les principales circonſtan-