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Tome dix-huitième.
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EN AMERIQAVU E, Lrv. I. 293

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Motezuma lui ſeroit accordé, il lui feroit connoitre les motifs&'impor-tance de ſon Ambaſſade; mais qu'aucun obſtacle n'auroit le pouvoir de'arréter, parce que les Guerriers de ſa Nation, loin de connoitre lacrainte, ſentoient crottre leur courage à la vüe du danger,& s'accou-tumoient des l'enfance à chercher la gloire dans les plus redoutablesentrepriſes(9).

APRüs ce diſeours, qu'il accompagna d'un air majeſtueux& tranquille,il fit donner avec profuſion, aux Ambaſſadeurs Mexiquains, toutes les ba-gatelles qui venoient de Caſtille;& ſans marquer la moindre attentionpour le chagrin qu'ils firent éclater ſur leur viſage, il leur déclara qu'ils é-toient libres de retourner à la Cour. Cette indifférence apparente pourFeffet de ſa réponſe, les démarches de l'orgueilleux Motezuma, qui folli-citoit ſon amitié par des préſens,&, sil en faut croire un Hiſtorien(i),Féloquence méême de Marina& ſa facilité à parler la Langue Mexiquaine,qui la faiſoient prendre pour une Divinité venue de l'Europe, redoublèrentla vénération des Indiens pour les Eſpagnols, aux dépens de celle qu'ils a-voient eue juſqu'alors pour leur Souverain. On ne remarqua plus rien deforcé dans leur ſoumiſſion. Bientòôt un ſervice conſidérable, que le Géné-ral rendit aux Caciques de Zampoala& de Quiabizlan, leur fit pouſſer y'at-tachement juſqu'à l'affection. Il humilia, par la terreur de ſes armes, lesHabitans de Zimpazingo, Contrée voiſine, dont ils lui avoient fait beau-coup de plaintes,& les forga de jurer des conditions qu'ils obſervèrentfidélement. A la vérité ces Caciques lavoient trompé, en lui repréſentantleurs Ennemis comme des Mexiquains, qui cherchoient à nuire aux Caſtil-lans;& le motif de Cortez, dans cette Guerre, fut bien moins d'obligerſes Hôtes, que de faire prendre, à la Cour du Mexique, une idée de ſa va-leur: mais lorſqu'il eut découvert Fartifice des deux Caciques, il ſe fit de-mander grace pour eux par tous ſes Capitaines;& l'ayant accordée, avecdes circonſtances qui relevèrent ſa bonté, il acheva de les lier à ſes inté-réts par cette faveur().

Mais rien n'eut tant de force, pour aſſurer leur fidélité, que le change-ment quül trouva Poccaſion de mettre dans leur Culte. Un jour, qui étoitcelui d'une de leurs plus grandes Fêtes, tous les Indiens du Canton s'étoientaſſemblés dans le plus célebre de leurs Temples, pour y faire le Sacrifice depluſieurs Hommes par le miniſtére de leurs Prétres. Quelques Eſpagnols,que le hazard rendit témoins de cette horrible ſcene, ſehatérent d'en infor-mer le Général. Son zeéle, ou ſa colére, s'alluma juſqu'au tranſport. IIfit prendre auſſi-tòt les armes à toutes fes Troupes;& commengant par ſefaire amener le Cacique& les principaux Indiens, il ſe mit en marche a-vec eux vers le Temple. Les Miniſtres des Sacrifices parurent à la porte.Le ſoupgon, que ce mouvement les regardoit, leur fit pouſſer d'effroya-bles cris, pour appeller le Peuple au ſecours de leurs Dieux. On vit pa-

roltre,

(b) Solis après Diaz, Chap. 10.(k) Solis, ubi ſup. Chap. 11. Herrera;,,

(i) Herrera, Liv. 5. Chap. I1. Chap. 12.00 3

Il entre-prend d'abo-lir leur Culte.-