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Tome dix-huitième.
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FERNAND2

Cortez ren-Députés enfort mauvais

Il ſe diſpoſeſérieuſement

à la Guerre.

Il remporteune Victoireimportante.

Détail de

cette action.

30 PRRM IER S N IV666ß6

quer. IIs s' mportèrent vivement contre cette Nation féroce;& l'accuſantde ne connoitre aucun frein, ils ajoũtérent que le Sénat ſe réjouiſſoit qu'elle

eüt été punie par la perte d'un grand nombre de ſes Chefs, qui avoient ététués dans le Combat. IIs offrirent, au nom des Sénateurs, de payer en orle dommage qu'elle avoit pü cauſer aux Eſpagnols; mais, ne s'expliquant pas

avec plus de clarté fur les difpoſitions de la République,avoir fini leur compliment.CoRrEz ne balança point à continuer ſa marche.

* 1Ils le retireérent apreéesE

Il rencontra peu d'ob-.ſtacles. a Province ſui parut ſemblable à Andalouſie; graſſe, chaude&fertile, remplie d'eaux douces& poiſſonneuſes,& couverte d'un grandnombre de Forêts. Il rencontra, prés d'un fort mauvais paſſage, ſes deuxautres Ambaſſadeurs, ſuant, pleurant,& ſi maltraités, que dans la craintequi leur reſtoit encore, à peine avoient-ils la force de reſpirer. Ils ſe jet-têrent à terre; ils embraſſêrent ſes pieds.„ Les perfides Tlaſcalans, lui„ dirent-ils, violant le droit facré des Ambaſſades, les avoient chargés de„chaines, pour les ſacrifier au Dieu- de la Victoire; mais ayant trouvé le„ moyen de ſe détacher mutuellement, ils s'Gtoient échappés pendant la„ nuit. IIs avoient entendu dire, à ces Barbares, que leur deſſein étoit„ auſſi de ſacrifier tous les Eſpagnols(†)“.

Cs récit ne laiſſa plus de doute, à Cortez, que la République de Tlaſca-la ne fat ouvertement déclarée contre lui. Il en eut d'autres preuves unquart de lieue plus loin, dans un Détroit fort difficile, que ſon ſeul coura-

e lui fit heureuſement traverſer au milieu d'une foule d'Ennemis. Ce n'é-toit plus la fortune, qu'il propoſoit pour motif à ſes Soldats: il les exhor-toit à combattre pour leur vie;& les Zampoalans mêmes, effrayés de lagrandeur du péril, dirent ſecrettement, à Marina, que la perte de Arméefeur paroiſſoit inévitable. Elle leur répondit, d'un air comme inſpiré, quelé Dieu des Chrétiens avoit une particuliere affection pour les Caſtillans,&qu'il les ſauveroit de ce danger. Cette réponſe fit une égale impreſſion ſurjes Soldats de Cortez& fur leurs Alliés. IIs ſe crurent tous ſous la pro-tection déclarée du Ciel;& s'étant dégagés du Déetroit, dont on leur avoitdiſputé le paſſage, ils arrivéèrent dans la Plaine, où le méême tranſportde valeur& de Religion leur fit renverſer une Armée fort nombreuſe().Herrera ne donne aucun détail de cette ſeconde Action, qui fut beau-coup plus réguliére que la précédente,& dont les autres Hiſtoriensont cru le récit d'autant plus indiſpenſable, qu'en faiſant connoitre le ca-ractère des Ennemis de Cortez, elle doit étre regardée comme la plus im-portante de ſes Victoires, puiſqu'elle ſervit bientöt à lui ouvrir Pentrée du-Mexique.

ArRkhs avoir paſſé le Détroit, en combattant de loin, ſuivant Diaz&Solis, parce que les Ennemis, qu'on x avoit rencontrés, affeCtoient de ſetenir à quelque diſtance, dans le deſſein apparemment d'attirer ArméeEſpagnole jufqu'au centre de leurs forces, on découvrit, d'une Hauteur quidominoit fur la Plaine, une multitude innombrable d'Indiens, que pluſieursEcrivains ont fait monter à quarante mille Hommes. Ces Troupes étoientcom-

(†) Herrera, ubi ſuprà, Chap. 5.(&) Lbidem.