FERNANDConrEz.
1519.
Hardieſſeavec laquelleil brave le
gri.Péeril.
Il ſe rend àCholula.
Ses ſoup-vons en ap-prochant de
ette Ville.
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fiance à laquelle ils n'avoient encore donné aucun fondement;& qu'en lafuppoſant juſte, loin de s'engager dans de plus grandes entrepriſes, enJaiſfant derrière lui des Traitres, qui pouvoient Fincommoder beaucoup,
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il devoit, au contraire, aller droit à Cholula, pour y découvrir leurs def-ſeins,& pour donner une nouvelle réputation à fes armes par le cha-timent de leur perfidie. Les Tlaſcalans, qu’il fit entrer dans ſes vües,ſui offrirent le ſecours de leurs Troupes,& pluſieurs Ecrivains les fontmonter à cent mille Hommes; mais il leur déclara qu'il n'avoit pas be-ſoin d'une eſcorte ſi nombreuſe;& pour marquer néanmoins la con-ſiance qu'il avoit à leur amitié, il accepta un Corps de ſix mille Hom-mes(p).
L.Aà marche fut paiſible, pendant quatre lieues, juſqu'à la vqe de Cholu-Ja. Cortez fit faire alte à ſon Armée, ſur le bord d'une agréable Rivière,pour ne pas entrer la nuit dans une Ville ſi peuplée. A peine eut-il donnécet ordre, qu'on vit arriver des Ambaſfſadeurs Cholulans, qui lui appor-toient diverfes ſortes de proviſions. Leur compliment ſe réduiſit à excu-ſer leurs Caciques de ne lui avoir pas rendu plutét ce devoir, parce qu'ilsne pouvoient entrer dans Tlaſcala, dont les Habitans étoient leurs anciensEnnemis. Is lui offrirent un logement, qu'on lui avoit préparé dans leurVille, avec des témoignages exagerés de la joye que leurs Citoyens alloientreſfentir, en recevant des Hoôtes ſi célebrés. Cortez les regut ſans affec-tation. Le jour ſuivant, il continua ſa marche. On ne vit ſortir perſon-ne de la Ville, pour le recevoir;& cette remarque commengant à réveil-ler ſes ſoupgons, il donna ordre à ſes gens de ſe tenir prets à combattre.Mais à peu de diſtance des Murs, on vit paroitre enfin les Caciques& leSacrificateurs, accompagnés d'un grand nombre d'’Indiens desarmés. Cor-tez s arréta pour les laiſſer vemr juſqu'à lui. Ils donnèrent d'abord des mar-ques aſſez naturelles de joye. Hependant, comme on obſervoit leurs moin-dres actions, on fut furpris de voir tout- d'un-coup un grand changementſur leurs vifages,& dentendre un bruit desagréable, qui fembloit mar-quer entr'eux quelque altercation. Les Eſpagnols redoublérent leurs pré-cautions;& Marina eut ordre de leur demander la caufe de ce mouve-ment. Is répondirent qu'ayant appergu des Troupes Tlaſcalanes, ils é-toient obligés de déclarer, au Général étranger, qu'ils ne pouvoient re-cevoir leurs Ennemis au milieu de leurs Murs;& qu'ils le prioient, ou deles renvoyer dans leur Ville, ou de les faire demeurer à quelque diſtance,comme un obſtacle à la Paix qu'ils deſiroient. Cette demande cauſa quel-que embarras à Cortez. II y trouvoit une apparence de juſtice, mais peude füreté pour lui meme. Cependant il fir eſpérer, aux Caciques, qu'on
Fidelite des trouveroit le moyen de les ſatisfaire Ses Capitaines, qu'il aſſembla auſſi-
Plaſcalans.
tôt, furent d'avis de faire camper les Tlaſcalans hors de la Ville, pour ſedonner le tems de pénécrer les deſſeins des Caciques. On leur fit cette
propoſition, à laquelle ils conſentirent plus facilement qu'on ne 5*eſperé.
(p) Bernard Diaz n'en met que deux mil- blablement il r'a pas voulu diminuer ſa gloi-le,& Herrera trois mille; mais Cortez, dans re, en faiſant ſes Troupes plus nombreuſesſa courte Relation, en met ſix;& vraiſem- qu'elles n Etoient.