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Tome dix-huitième.
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FErRNANDCoRTEz.

1520.

Prudenceavec laquelleil attire Nar-vaez dans les

pieges.

Il le ſur-prend dansZampoala,

Conduitede cette en-trepriſe.

868 P R. E M IIER“

töt de ſon Quartier pour tenir la Campagne, mais avec une confuſion quirépondoit à celle de ſes idées. Il fit publier encore une fois la Guerre. IImit la téte de Cortez à prix pour deux mille écus,& celles de Sandoval& de Velaſquez pour quelque choſe de moins.„ Ses ordres, dit un Hiſto-„ rien, étoient méêlés de menaces. II en donnoit pluſieurs à la fois. On„ découvroit un air de crainte, dans le mépris qu'il affectoit pour Cortez.„ Enfin, ſon Armée ſe mit d'elle- méême en Bataille, comme par hazard,„& ſans attendre ſes ordres(v)“. Aprées Favoir, fait avancer'eſpaced'un quart de lieue, il réſolut d'attendre Ennemi, dans la folle perſuaſionqu'un Général, de l'habileté de Cortez, pourroit oublier le desavantage dunombre,& que la force de ſes reſſentimens lui feroit quitter ſon Poſte. Ipaſſa tout le jour dans cette ſituation. La nuit approchoit, lorſqu'un nua-ge, où le Soleil ſe cacha toutd'un- cõup, répandit une pluye ſi froide&ſi abondante, que tous ſes Soldats demandérent d'étre reconduits au Quar-tier. IIl céda facilement à leurs inſtances.

CoRnrEz, qui fut bientòt averti de cette retraite, regreta beaucoup quele Ruiſſeau, ſur le bord duquel il avoit ſon Camp, fút trop enflé par lapluye pour lui permettre de le paſſer à gué,& de tomber ſur un Ennemiqui ſembloit fuir. Mais ſon génie guerrier,& le fond qu'il faiſoit ſur ſesintelligences, lui inſpirèrent un deſſein qui demandoit toute ſa hardieſſepour le tenter,& la confiance qu’'il avoit à ſon bonheur pour s'en pro-mettre le ſuccès qu'il obtint. Ce fut de ſurprendre, pendant la nuit, aumilieu de Zampoala, ſes Ennemis mouillés& rebutés de la fatigue du jour.Apréès avoir communiqué ce projet à ſes Troupes,& les avoir animées a-vec la plus vive éloquence, il les diviſa en trois Corps, dont il donna lepremier à Sandoval,& le ſecond à d'Olid. Le troiſisme, dont il prit leCommandement lui-même, avec quelques-uns de ſes plus braves Officiers,donna Pexemple, en paſſant dans'eau juſqu'à la ceinture. Herrera pré-tend que par repréſailles, la téte de Narvaez fut miſe à prix(x),& queCortez, pour juſtifier plus que jamais ſa Cauſe, donna par écrit, à San-doval, qui faiſoit'Office de Général Major, un ordre, qui portoit„ que„Narvaez étant entré dans le Pays à force ouverte, au préjudice des in-„ téréts de Eſpagne, de la Religion,& du Domaine Royal,& m'ayant„ voulu ni montrer ſes Proviſions, ni préter Foreille aux propoſitions„ d'accommodement, Fernand Cortez, Commandant de la Nation Eſ-„ pagnole au Mexique, ordonnoit à tous les Capitaines, Cavaliers& Sol-„ dats de ſon Armée, de ſe ſaiſir de ſa perſonne,& de le tuer s il faiſoĩtquelque réſiftance(y)“.

L.'ARMEE avoit fait prés d'une demie lieue dans les ténébres, lorſque lesCoureurs amenérent une Sentinelle de Narvaez qu'ils avoient enlevée; maisils rapportérent qu'il leur en étoit échappé une, qui s'Stoit dérobbée entrejes buiſſons, à la faveur de l'obſcurité. Cet incident fit perdre l'eſpérancequ'on avoit eue de ſurprendre les Ennemis. Cependant, comme il y avoitbeaucoup d'apparence que la crainte d'être arrété feroit prendre quel-que détour au Fugitif, on réſolut de s'avancer promptement, ſoit pour

ar

v) Lbidem. x) Uhi ſuprà, Chap. 2.(y) Ibidem, Chap. 3.2 Pra, 8 27 8