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DEscarprIoR;DE LA Nov-vELLE EsPA
a 8 Ng;Autres Edl-
fices,& Pla-ces de Mexi-60.
448 DESCRIPTION DU MEXID2UE,
des cuiraſſes, des caſques, des caſaques de coton piqué qui réſiſtoient auxfléches, de petits boucliers,& de grandes rondaches de peau, qui cou-vroient tout le corps,& qui ſe portoient roulées fur l'épaule, juſqu'à P'oc-caſion de combattre. Les armes deſtinées à'uſage de †Empereur étoientdans un appartement particulier, ſuſpendues en fort bon ordre, ornées defeuilles d'or& d'argent, de plumes rares& de pierres précieuſes, qui for-moient un ſpectacle éclatant. Cortez,& tous les Eſpagnols qui l'avoientaccompagné dans le premier Voyage, ne s'étoient point laſſés d'admirerce dépôt militaire. IIs Tavoient trouvé digne du plus grand Monarque&de la plus brave Nation.
Mais de tous les Palais de Motezuma, celui qui leur cauſa le plus d'e-tonnement fut un grand Edifice, que les Mexiquains nommoient la Maiſonde triſteſſe. C'étoit le lieu où ce Prince ſe retiroit avec peu de ſuite,lorſqu'il avoit perdu quelque Femme ou quelque Parent qu'il aimoit,&dans les calamités publiques qui demandoient un témoignage éclatantde douleur ou de compaſſion. La ſeule architecture de cette Maiſonſembloit capable d'inſpirer les ſentimens qu'il y portoit. Les murs, letoit,& tous les meubles, en étoient noirs& lugubres. Les fenétres e-toient petites,& couvertes d'une eſpèce de jalouſies ſi ſerrées, qu'elleslaiſfoient à peine quelque paſſage à la lumiere. Il demeuroit dans cetteaffreuſe retraite, auſſi long tems que ſes regrets lui faiſoient perdre le goutdu plaiſir.
Tovrrs les autres Maiſons impériales étoient accompagnées de Jardinfort bien cultivés. Les fruits& les légumes en étoient bannis, par la ſeu-je raiſon qu'il s'en vendoit au Marché,& que ſuivant les principes de laNation, un Prince ne devoit pas chercher du- plaiſir dans ce qui faiſoit unobjet de lucre pour ſes Sujets. Mais on y voyoit les plus belles fleurs d'unheureux climat, diſpoſées en compartimens juſques dans les cabinets,&toutes les herbes médecinales que la Nouvelle Eſpagne produit avec autantde variété que d'abondance. Motezuma ſe faiſoit honneur de laiſſer pren-dre gratuitement dans ſes Jardins tous les Simples dont les Malades deMexico avoient beſoin,& dont les Médecins du Pays compoſoient leursremèdes. Tous ces Jardins& toutes ces Maiſons avoient pluſieurs Fontai-pes d'ecau douce, qui venoient des deux grands Aqueducs, par des conduitsdétachés.
Lrs Maiſons de la Nobleſſe devoient être en fort grand nombre, puiſqueTEmpire m'avoit pas moins de trois mille Caciques, ou Seigneurs de Villes,qui etoient obligés de venir paſſer une partie de Fannée dans la Capitale;ſans compter la Nobleſſe inférieure&les Officiers du Palais. Elles étoientbäties de pierre, vaſtes, environnées aufſi de jardins,& de toutes les com-modités qui font le partage de la fortune& de la grandeur. Les Edificepublics n'Stoient pas moins magnifiques, fur-tout les Temples, dont onremet la deſcription à Particle des Divinités& des Sacrifices. Entre plu-ſieurs grandes Places, qui faiſcient un des principaux ornemens de Mezi-co,& qui ſervoient de Marchés, ſous le nom général de Tianguitzli, queles Eſpagnols ont changé depuis en Tianguez, on vante beaucoup celle
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Jqu'on a déja nommée Tlateluco. Il ne paroitra point ſurprenant qu'elle
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