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Tome dix-huitième.
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DrsckiPTION

488 DESCRIPTION DU MEXIQDUE,

ternes, qui doivent avoir été faites pour recevoir Peau de pluie, dans unCanton qui n'a point d'eau douce,& dont la terre même eſt ſi ſalée, queles Eſpagnols en vom prendre pour faire du- Salpétre. Peut-être ces Citer-nes ne font-elles que d'anciennes Salpétriéres. Entre le Mont,& le Cap Con-cededo, on découvre pluſieurs petits Bois de Mangles, qui reſſemblent deſoin à de petites Ifles. Le Pays, qui préſente de loin une face fort unie,eſt inégal& rompu lorſqu'on sen approche.

RIO DE LAGARros, qu'on rencontre preſqu'à moitié chemin, entre leCaps de Cotoche& Concededo, arroſe un fort beau Pays, qui préſentedeux petits Bois de Mangles fort hauts, de chaque côté de la Riviére. Ellea peu de largeur, mais elle eſt aſſez profonde pour les Chaloupes. L'eauen eſt bonne;& depuis le Cap de Cotoche juſqu'à trois ou quatre lieues dela Ville de Campeche, Dampier ne connoit point d'autre eau douce ſurtoute cette Cêôte. II ſe fait une Pêche conſidérable à IEſt de Rio de La-gartos. Les Pécheurs Indiens, Sujets du Roi d'Eſpagne, x ont des Caba-nes, pour la ſaiſon, des pieux auxquels ils ſuſpendent ſeurs filets,& de pe-tites couches pour y faire ſécher leur Poiſſon. Depuis que les Etrangers,

qui vont charger le Bois de Campeche, ont pris cette route, les Indiensſont devenus fi timides, qu'auffi-têt qu'ils découvrent un Vaiſſeau en Mer,ils enfoncent leurs Canots à fleur d'eau(⁷);& ne montrant eux-mêmes quela téete, ils attendent que le Vaiſſeau ſoit paſſé, ou que la nuit ſoit venue.Dampier les a vus quelquefois à la voile,& diſparottre ainſi tout-d'un- coup.ArOueſt de la Rivière, on voit une Gueérite, nommée Selam, que les Eſ-pagnols entretiennent ſur le bord de la Mer, pour y mettre leurs Indiensen ſentinelle. La Côte en a pluſieurs autres; les unes bäties à terre, en boisde charpente,& d'autres placées ſur des arbres, comme des cages, maisaſſez grandes pour contenir deux Hommes, avec une échelle pour mon-ter& deſcendre. Une de ces Guérites, à trois ou quatre lieues de Selam,porte le nom de Linchanchi, de celui d'une Ville Indienne, qui eſt quatrelieues plus loin dans les terres. Une autre, à deux lieues de celle-ci, ſenomme Chinchanchi. J'ai pris terre, dit Auteur, vers ces lieux d'obſerva-tion,& j'ai pareouru toute cette Côte, ſoit par Mer dans un Canot, oupar Terre à pié, depuis Rio de Lagartos juſqu'au Cap Concededo: mais jem'y ai pas vu de Villes, ni de Villages, ni dautres Maiſons que des Caba-nées de Pécheurs, à la réſerve de Siſal. On trouve, entre Selam& Linchan-chi, pluſieurs petits Réſervoirs falés, d'une figure aſſez réguliere,& ſépa-rés les uns des autres par de petites levées de terre. Le plus gran

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plus de dix verges de long, ſur ſix de large. Les Habitans de ces deuxVilles ſe rendent à ces Réſervoirs, aux mois de Mai, de Juin& de Juillet,pour en recueillir le ſel, dont ils fourniſſent tout le Pays d'alentour; maisIis y viennent à la faveur des Bois, qui les dérobbent, eux& leurs Villes,à la vue des Vaiſſeaux.

Tnols ou quatre lieues plus loin, vers r'Oueſt, on trouve une autre Gué-rite, nommée Siſal, qui eſt la plus haute& la plus remarquable de cetteCôte.

(1) Un grand avantage des Canots, c'eſt que lorſqu'ils ſont pleins d'eau, ils ne peuvenaller plus bas.