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vELLE EspA-GNE.
52² DESCRIPTION DU MEXID2UE,
ſeptentrionale. Linquiétude des Négocians pour leurs marchandiſes, qu'ilscraignent de voir tomber entre les mains des Ennemis de'Eſpagne dansje Golfe de Honduras, porte le plus grand nombre à les envoyer par leLac à Carthagene;& ſouvent même on fait prendre la méême route auxrevenus de la Couronne. Cependant quoique ces Navires faſſent voile enaſfurance fur le Lac de Nicaragua, leur deſcente eſt retardée ſi long-tems
ar la chüte des eaux, qui les oblige ſouvent de décharger& de recharger,8 paide des Mulets, dont ils ſe font ſuivre pour tranſporter alors une partiedes marchandiſes, que cette incommodité détermine les plus hardis à pren-dre la voie du Golfe(n).
SrGovIEn& les autres Villes n'ont rien de remarquable, à l'exceptionde Nicaragua, qui étant ſituée fur les bords du Lac, vers le milieu de ſoncours, a vis-à-vis d'elle une trés belle Ifle, dont un Vdõyageur vante la fer-tilité en ouatte, en cacao, en teinture d'écarlate,& en fruits d'un excel-lent goüt(°).
1,E8 Ports de cette Province ſont plus célébres dans nos Relations. Ce-mui qui ſe nomme Realejo, ou Rialeaa, eſt à trente lieues de Saint-Michel,à quatre de Leon,& à treize de la Pointe de Coſivina. II ſe fait reconnor-tre par ſa Montagne ardente, que les Eſpagnols nomment Volcano Lejo. IIn'y a point, aux environs, de Montagne ſi haute, ni de la même forme;ſans compter qu'elle jette de la fumée pendant tout le jour,& quelquefoisdes flammes pendant la nuit. On vappergoit de vingt lieues en Mer;&n'étant qu'à trois lieues du Havre, elle en fait découvrir aiſément l'entrée.Ce Havre eſt formé par une petite Iſle, platte& baſſe, d'un mile de long,& d'un quart de mile de largeur, éloignée de la Côte d'environ un mile&gemi. Les deux côtés de[fle ont leur canal,& celui de Oecidenr eſtle plus ſar. Cependant, à la pointe de P'Ifle, vers le Nord-Oueſt, l'eaueſt ſi baſſe, que les Vaiſſeaux doivent s'en garder. Du côté de'Orient,le Canal eſt moins large,& les Courans y font ſi forts qu'il n'y a jamaisde füreté pour la Navigation. Deux cens voiles ſeroient à''aiſe dans leHavre. Le mouillage eſt pres de la terre, ſur un fond de ſable clair&dur, à ſept ou huit braſſes d'eau. La Ville du même nom en eſt à deuxlhieues;& Pon peut s'en approcher par deux Anſes, qui baiſſent du mêmecôté. La plus occidentale deſcend derriere la Place,&'autre conduit juſ-qu'au pié des murs; mais le paſſage a ſi peu de largeur,& ſes bords ſont ſicouverts de mangles, que l'acces n'en eſt pas plus facile aux Chaloupesqu'aux Vaiſſeaux(p).
à trois licues au-deſſus de Realejo, on trouve un grand Bourg d'In-diens, que Gage nomme la Veja,& Rogers, Pueblo veſο(q), dans lequelWaffer aſſure qu'on ne compte pas moins de vingt mille Ames. On; voit,dit-II, dans un Couvent de Saint Frangois, une Image de Nôtre- Dame,dont les fréquens miracles donnent encore plus de célébrité à ce lieu que lenombre de ſes Habitans. m
N.-
(n) Gage, Ibidem.(4) Supplement de Rogers, page 12. Le
*] Lionnel Waffer, ubi ſuprà, pag. 320. Traducteur de Waffer l'appelle, en Frangois,(2) Dampier, ubi ſuprà, page 129. le Vieuxw Bourg, page 320.