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Tome dix-huitième.
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550 DESCRIPTION DU MEXID2UE,

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z LA Nou-ELLE EsPpàA-GNE.Cour Impé-

LAX magnificence, qu'on a vantée dans les Palais des Empereurs Mexi-quains, Etoit ſoutenue par Fappareil faſtueux avec lequel ils ſe faiſoientſervir. Motezuma II, qui s'étoit attaché plus que ſes Prédéceſſeurs à rele-ver la majeſté de Empire, avoit inventé de nouvelles cérémonies; ou dumoins il s'en attribuoit honneur;& les Ecrivains Eſpagnols font regardercette pompe comme une gloire particuliére à ſon regne. On a deja faitobſerver qu'en montant ſur le Trône, non- ſeulement il avoit augmenté lenombre des Officiers de ſa Maiſon, mais qu'il en avoit exclu les perſonnesd'une naiſſance commune,& qu'il ne vouſoit voir autour de lui que desSeigneurs du premier ordre. En vain ſon Conſeil lui avoit repréſenté ledanger d'un changement, qui pouvoit lui faire perdre affection de ſesPeuples. On lui donne pour maxime„ que la confiance des Princes m'eſt„pas faite pour le vulgaire,& qu'ils ne doivent favoriſer que dans Péloi-„ gnement ceux à qui la miſere öte le ſentiment, ou le pouvoir de recon-„ noitre le bien qu'on leur fait(7). II avoit deux ſortes de Gardes; Pu-ne de Soldats, qui occupoient toutes les cours de ſon Palais; Pautre inté-rieure,& compoſée de deux cens Nobles, qui entroient chaque jour aumatin dans les appartemens. Leur ſervice ſe faiſoit tour à tour,& par Bri-gades, qui comprenoient toute la Nobleſſe de Empire. IIs venoient fuc-ceſſivement des Provinces les plus éloignées. Leur principal poſte étoit lesantichambres, ouù ils étoient nourris de tout ce qui ſortoit de la table deleur Mattre, qui leur permettoit quelquefois d'entrer dans ſa chambre, ouqui les y faifoit appeller. Son deſſein, comme il l'apprit lui- même aux Eſ-pagnols, étoit moins de les favoriſer, que de les accoutumer à la ſoumiſ-fion,& de connottre par ſes propres yeux ceux qui méritoient d'étre em-ployés. Ses Audiences publiques étoient rares; mais elles duroient unegrande partie du jour;& les préparatifs en étoient impoſans. Tous lesGrands, qui avoient Pentrée du Palais, recevoient ordre d'y affiſter;& lesConſeillers d'Etat y devoient être rangés autour du Tröne, pour être prêtsà domner leur avis ſur les points importans ou difficiles. Quantité de Sécre-taires, placés ſuivant leurs fonctions, marquoient, avec les caractéres quileur ſervoient de lettres, les demandes des Supplians,& les réponſes oules Arrêts du Prince. Ceux, qui vouloient ſe préſenter, avoient donnéleurs noms à des Officiers, charges de ce ſoin. IIs étoient appellés l'unaprès lautre. Chacun emroit nus piés,& les yeux baifſés, en faiſant ſuc-cefſivement trois réverences, à la première defquelles il diſoit Seigneur; àla ſeconde, Monſeigneur; à la troiſiéme, Grand Seigneur. Apréès avoir ex-poſé ſa demande,& regu la réponſe, à laquelle il ne lui étoit pas permisde répliquer, il ſe retiroit ſur les mêmes pas, en répétant les trois réveren-ces, ſans tourner le dos,& ſur-tout ſans oſer lever la vue. La moindrefaute, dans l'obſervation de ces cérémonies, étoit punie ſur le champ avecune extréme rigueur,& les Exécuteurs du chätiment attendoient le Coupa-ble à la porte. L'Empereur écoutoit les moindres affaires avec beaucoupd'attention; mais il affectoit de répondre avec ſévérité. Cependant, s'il re-marquoit quelque trouble dans le viſage ou la voix de celui qui parloit, il

Pex-

(1) Eidem. Chap. 15.