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Tome dix-huitième.
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OU DE LA NOUVELLE ESPAGNE, Lrv. II. 641

à Pinſtinct qui porte les Fourmis à ſe nicher ſous leurs racines. Tous leschamps produiſent ſous terre une eſpéce de truffes, que les Eſpagnols nom-ment Caflanvelam,& qui engraiſſent merveilleuſement les Beſtiaux. L.a peſtede ces Provinces, pour les fruits& pour les grains, eſt non-ſeulement'a-bondance de Fourmis, mais encore plus une multitude incroyable de peti-tes Pies, de la groſſeur de nos Moineaux, qui ravagent les moiſſons, ſansque le bruit& d' autres ſecours puiſſent les éloigner. En récompenſe, lesAbeilles, dont le nombre eſt prodigieux, y ſont ſans aiguillon,& font leurmiel dans le tronc des arbres.

La Province de Vera- Paz produit des Cannes d'une ſi ſinguliere grandeur,qu'il s'en trouve de cent piés de haut,& ſi groſſes que d'un nœud à l'autreelles peuvent contenir ce que les Eſpagnols nomment une Arobe d'eau. Aufſiles Indiens s'en ſervent-ils pour leurs Edifices.

ON doit compter, entre les Plantes de la Nouvelle Eſpagne, celle duTabac, qui parott avoir été découverte, pour la première fois, en 1520,dans la Province d'Yucatan(i);& que les Eſpagnols y cultivent encoreavec tant de ſucces, qu'ils en tirent une partie de celui qu'on nomme de laHavane.

LàA Plante, qui porte le Poivre long, ſe nomme au Mexique Tlatlan-guaie,& Acapatli. Elle a le tronc tortueux, comme le ſarment,& les feuil-les ſemblables à celles du Poivrier blanc, mais plus longues& plus aigũes.Son fruit eſt rond,& de différentes longueurs. Ses feuilles jettent une odeuraſſez forte,& ſont d'un go0t fort acre. Elle eſt ſeche& chaude au troiſiè-me dégré. Jamais ſa ſemence ne meurit parfaitement. On la cueille, lorſ-qu'elle commence à rougir; on P'expoſe au Soleil, pour la faire meurir,&c'eſt dans cet état qu'elle ſe conſerve. Quelques-uns la font ſecher quoiquéverte,& la mangent ſans s'en trouver plus mal. Elle donne un fort bongodt aux viandes, pourvu qu'on ne les approche point du feu après P'aſſai-ſonnement; car la moindre augmentation de chaleur en diſſipe toute la for-ce. La longueur ordinaire de ce Poivre eſt d'un demi pié,& ſa groſſeurcelle d'une corde moyenne(¼).

ExrRE les Arbuſtes, on ne trouve nommé que le Pinahuitzwibuitl, qued'autres nomment Cocochiatli. II eſt haut de quatre palmes. Ses tiges ſontminces, épineuſes,& ſes feuilles diviſées en ſix parties, qui forment en-tr'elles comme autant de petits faiſceaux. La racine eſt ſarmenteuſe: lesfleurs reſſemblent à celles du Chataignier,& le fruit à la chataigne, maisil pend en petites grappes, vertes d'abord, enſuite rouſſfatres. Cette Plan-te eſt une eſpèce de Zoophyte, qui ſe retire& ſe flétrit, non-ſeulementlorſqu'on y touche, mais au moindre ſouffle de Homme& de tous lesAnimaux(1).

AvaNr Parrivée des Eſpagnols, les Mexiquains n'avoient point de Jardins

pota-

(1) Voyez le Tome VI. des Voyages de(1) Laet,Labat. page 272& ſfuivantes. On remet à qui ſouhaiParticle des Ifles tout ce qui regarde le vent confaltTabac. Deſcription particulièer

(&) Monardes, ubi ſupr, Chap. 54.

Poi

In A1 z2rdu Mexique.

Le Pina-

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