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DescarPrIoN
DE LA Nov-GNE.
Trois ſortesde Canards.
Le Tout-bec.
Le Cogreco.
Le Fauconpécheur.
650 DESCRIPTION DU MEXIQDUE,
qu'en les voyant pour la premiere fois, on les prend pour des Coqs-d'Inde.Ils'en trouve de tout-à-fait blanches, qui n'en ont pas moins la téte& lecou chauves,& qui ſont de la même groſſeur. Mais on n'en voit jamaisplus de deux à la fois;& dans les troupes des noires, il s'en trouve preſ-que toujours une blanche. A Campéche, où ces Oiſeaux ſont en fort grandnombre, les Coupeurs de bois regardent les blancs comme les Rois dePeſpèce. Ils croient avoir obſervé que lorſqu'une troupe s'aſſemble autourd'une carcaſſe, c'eſt le blanc qui commence la curée, ſans qu'aucun desautres oſe y toucher, juſqu'à ce qu'il ſoit rempli,& qu'aufſi-tõt qu'ils luĩvoient prendre ſon vol, ils fondent tous enſemble ſur Ia proie. Dampier,qui avoit paſſé quelque tems dans cette Baie, ne fit pas la même obſerva-tion; mais il nous apprend que les Coupeurs de bois ne vivant que desVaches fauvages qu'ils tuent ſans ceſſe,& laiſſant à abandon une partiede la chair& des inteſtins, les Eſpagnols du Pays défendent aux Habi-tans, ſous de groſſes peines, de tirer les Corneilles, parcequ'ils les croientutiles à garantir lair de P'infection des charognes. Quoique les Anglois,qui viennent couper le bois de Campéche, ne croient pas devoir beau-coup de ſoumiſſion à cette loi, ils ne Jaiſſent pas de s'y aſſujettir, par unſentiment de ſuperſtition, qui leur fait regarder la mort d'une Corneillecomme le préſage de quelque déſaſtre(i).
Là Nouyelle Eſpagne a trois ſortes de Canards; les uns, plus petits queles nötres, qui ſe perchent ſur les vieux arbres ſans feuilles,& qui ne vontà terre que pour manger; d'autres, qui ſe nomment en langue du Pays,Canards ſillans, parceque leurs atles font une eſpèce de ſifllement dans leurvol,& qui ſe perchent comme les premiers; les troĩſiemes, qui ne ſe per-chent point,& qui reſfemblent à ceux de IEurope. IIs ont tous la chairtrès bonne.
LOisrzaàu, qu'on nomme Teout-bec, tire ce nom de la groſſeur de ſon bec,qui eſt auſſi gros que le reſte du corps. Les plus gros ne le ſont pas plusque nos Piverts,& leur reſſemblent aſſez par la figure: mais il s'en trouvede plus petits, qui ſont beaucoup plus rares.
LrEs Cogrecos ſont des Oiſeaux qui ont les alles courtes. IIs ſont moinsgros& moins ronds que la Perdrix, dont ils ont la couleur; mais ils ont lesjambes plus longues. Ils ſe plaiſent à courir fur terre, dans les Bois maréca-geux, ou ſur le bord des Criques. IIs ont une ſorte de ramage, qu'ils fontentendre ſoir& matin,& par lequel il paroit qu'ils s'appellent& qu'ils ſerépondent. Leur chair eſt un aliment délicat.
LE Faucon pécheur reſſemble, par la figure& la couleur, à nos plus petitsFaucons. IIl en a le bec& les ſerres. On le trouve ordinairement perchéſur le tronc des arbres, ou ſur les branches ſeches qui donnent ſur Feau,prées de la Mer ou des Rivieres. Deès qu'il appergoit quelque Poiſſon, ily vole à fleur-d'eau, il F'enfile avec ſes ergots,& s'éleve aufſi-tõt en J'air,ſans toucher l'eau de ſes atles. II m'avale pas le poiſſon entier, commed'autres Oiſeaux qui en vivent; mais il le déchire de ſon bec, pour le man-ger en morceaux. LEz
(’) Dampier, Tome III. page 280. D'ail- Jamaique; comme elle l'eſt à Vera-Cruz,leurs la même Loi, dit-il, eſt&tablie à la pour les Aures.