oU DE LA NoOUVELLE ESPAGNE, Lrv. II. 679
PRochE de l'ancien Volcan de Nixapa, dans la Province de Guatimala, Descamrronun torrent d'excellente eau, qui deſcend de la Montagne même du Volcan, enaz5coule régulierement pendant la nuit,& ceſſe de couler pendant le jour. 1Un autre, dans le Canton de Chuleteque, coule chaque jour juſqu'à midi,
& ſeche enſuite juſqu'au ſoir(2).
IIr ſe trouve des Mouches, entre Mexico& le Port d'-Acapulco, dont lapiqudre eſt ſi dangereuſe, qu'elle cauſe quelquefois la mort(a).
DaA8s le Canton de Guaſteque, les Habitans ſont affligés d'une facheuſemaladie, cauſée par un grand nombre de vers, qui commencent par ſe for-mer dans leurs levres. IIs n'y connoiſſent point d'autre remede, que deporter continuellement du ſel dans la bouche(b).
LEs eaux d'un Fleuve nommé Zabuatl, dans la Province de Tlaſcala,donnent la galle à ceux qui s'y baignent; on y trouve peu de Poiſſon(c).
ENTRE les Villes de Cuertlavaca& de Tequiciſtepeque, on voit, au pié Caverned'une haute Montagne, une Caverne fort renommée. Un Dominiquain furprenante.Eſpagnol, ayant eu la curioſité de la viſiter ſous la conduite de quelquesIndiens, y deſcendit par une ouverture fort étroite,& trouva d'abord ungrand eſpace quarré, d'environ cinquante pas, qui contient pluſieurs puits,avec des degrés pour y deſcendre. De-là, un chemin fortſtortueux le con-quiſit ſous terre dans un autre eſpace beaucoup plus grand que le premier,au milieu duquel ſort impétueuſement une ſource d'eau vive, qui formeun ruiſſeau. Aprées Favoir ſuivi plus d'une heure, la crainte de s'égarer,dans un lieu dont il ne voyoit pas le terme, le fit retourner ſur ſes pas,avec le ſecours d'une ficelle dont il avoit attaché le bout à Pouverture,&qui commengoit à manquer de longueur(4).
L'YuvcArAN jouit d'un air ſi ſain dans les Montagnes, qu'on y a trouvé Longues vies.des Vieillards de cent quarante ans. Un Miſſionnaire Franciſcain a rendutémoignage qu'en préchant'Evangile aux Montagnards, il avoit vu parmieux un Homme, qui, de ſon propre aveu& ſur les informations de ſes voi-ſins, n'avoit pas vécu moins de trois ſiécles. Il avoit le corps ſi courbé,que ſes genoux touchoient à ſa tete,& la peau ſi dure, qu'on Tauroit crucouvert d'une écaille(e).
DàANS la Province de Vera-paz, proche d'une Ville Eſpagnole qui ſe nom-me Saint-Auguſtin, on voit entre deux Montagnes une Caverne forméedans le Roc, aſſez ſpacieuſe pour contenir un grand nombre d Hommes,dans laquelle il ſort continuellement, de diverſes fentes, une liqueur qui ſechange bientôt en pierre fort dure,& de la blancheur de lalbaätre. Lesdivers obſtacles, que cette liqueur trouve à ſon cours, lui font prendre dif-férentes formes dans ſa tranſmutation. On trouve, à peu de diſtance, desColomnes,& juſqu'à des Statues, qui paroiſſent un ſimple ouvrage de lanature(†). Le froid eſt ſi vif, dans Pintérieur de la Caverne, que l'Hom-
me(2) Waffer, ubi ſuprà, page 334.(4) Ihid. page 261.(a) Laet, ubi ſuprà.(e) Herrera, Déc. 2. Liv. 3.& Laet pa-(5) Journal de jean Chi en 1572, ge 273dans la Collection d'- Hackluyt(f) Ibid. page 328
(c) Laet, page 251.& 252.
XVIII. Part. FRrI I