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Dans ces derniers temps, Sowerby a changé le nom du genre Trigonia, déjà employé par Au-blet pour désigner une plante, en celui de Lyridon , que Bronn à son tour a modifié en Lyriodon ,conformément à son étymologie. Je n’ai point admis ce changement de nom, parce que je ne par-tage pas l’opinion de ceux qui veulent proscrire d’une manière absolue les doubles emplois durègne animal et du règne végétal, ou d’une classe et d’une famille à l’autre dans le même règne 1 .
Au lieu de substituer purement et simplement un nom nouveau à celui de Trigoma , que legenre de Brugière porte maintenant et qui est bien connu de tout le monde, il me paraît plusutile de chercher à le fractionner en sections naturelles basées sur les différences si frappantesque présentent les coquilles des Trigonies dans leur aspect extérieur ; de cette manière on parvientdu moins à grouper convenablement les nombreuses espèces du genre d’après leurs affinités réelles,ce qui n’a point encore été tenté. Mais avant de proposer une classification des espèces de ce genreque j’ai pu étudier moi-même, il me reste encore quelques observations à présenter sur les carac-tères de la coquille des Trigonies, sur leur forme et sur leurs moules.
Toutes les espèces connues sont fossiles , à l’exception du Trigoma pectinata, qui habite les mersde la Nouvelle-Hollande ; elles ont toutes le test épais et nacré ; aussi les espèces fossiles sont-ellesgénéralement très-bien conservées, avec leurs côtes, leurs varices, leurs stries et tous les orne-mens si variés dont les différentes espèces sont revêtues. Si l’on n’admet pas le genre Myophoriade Bronn , qui comprend des coquilles fossiles du terrain triasique, très-voisines des Trigonies, ilfaut faire remonter l’apparition de ce dernier genre à l’époque de la déposition du grès bigarré ;mais en séparant les Myophories, comme genre distinct, les Trigonies proprement dites devien-nent caractéristiques des terrains jurassiques et crétacés : elles disparaissent ensuite pendant lalongue période de la déposition des terrains tertiaires, pour se montrer de nouveau parmi les ani-maux de notre époque qui habitent les parages de la Polynésie . L’absence de Trigonies dans les
* En efïet, quelque fâcheuses que soient ces amphibologies, leur redressement ne saurait compenser l’incon-vénient d’une augmentation considérable de noms, qui ne détruisent point comme synonymes ceux qu’ilssont appelés à remplacer. D’ailleurs, par un relevé que j’ai fait de plus de quinze mille noms de genres d’ani-maux , je me suis convaincu qu’en suivant strictement la règle, qu’un nom de genre ne peut figurer qu’unefois en histoire naturelle, il n’y aurait, dans le règne animal, pas moins de 700 noms de genres à changer.Or, je le demande , n’est-il pas préférable d’employer deux ou même plusieurs fois le même nom pour dé-signer des genres différens, que d’augmenter inutilement la synonymie, sans espoir d’épurer jamais com-plètement la nomenclature de ces légères anomalies? Et après tout, pourquoi n’en serait-il pas de l’histoirenaturelle comme de l’histoire politique , où, en divers temps et en divers lieux, des êtres différens ont portéle même nom , sans pour cela se confondre dans l’esprit de ceux qui ont à les citer, et pourquoi n’aurait-onpas un genre Trigonie de la famille des Hippocratéacées et un genre Trigonie de la famille des Arcacées,comme on a un Henri IY de France et un Henri 1Y d’Angleterre ?
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