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Tome II.
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tiens nécessaires de celles qui ont suivi, et les traits qui les caractérisent et les dis-tinguent, que comme des différences dans un développement progressif. Ces différencesconsistent surtout en une transition dune structure asymétrique à une structure dunesymétrie de plus en plus parfaite, qui a prévalu dans les époques subséquentes, danslesquelles les formes asymétriques ont successivement disparu. Chercher à indiquerles causes dun pareil état de choses, ce serait prétendre pénétrer les motifs du Créa-teur ; cependant il nous sera permis de présenter quelques conjectures sur les rela-tions de forme de ces poissons avec le monde extérieur dans lequel ils étaient appe-lés à vivre.

Si nous jetons un coup-doeil sur lensemble des êtres organisés qui ont vécu simul-tanément avec les Lépidoïdes Hétérocerques, nous remarquerons quils étaient pourla plupart fixés au fond des eaux, ou que du moins ils y rampaient sans pouvoir sé-lever librement et à leur gré vers la surface et se mouvoir au loin. A lexception dequelques reptiles, dont lapparition sur la terre est de beaucoup postérieure à celle despoissons, tous ces animaux étaient aquatiques j et le sol ne portait encore que desplantes analogues à celles des grands archipels ou des plaines basses. Les poissons sontdonc les premiers animaux auxquels il ait été donné de franchir spontanément les-pace entre deux eaux dans toutes les directions j tandis que les mouvemens des Crus-tacés ne sont que des mouvemens irréguliers et peu soutenus. Parmi les Mollusques,les Céphalopodes , qui sont les plus mobiles, voguent à la surface des eaux, et restentle jouet des vents dans leurs ascensions aquatiques; les Gastéropodes sont déjà plusliés au sol, et les Acéphales et Brachiopodes y sont fréquemment fixés. Tous lesPolypes et les Crinoïdes de ces temps- sont attachés par leur base à dififérens corpssolides. Cependant les poissons, avec leur caudale asymétrique, ne pouvaient exé-cuter des mouvemens aussi précis que les poissons symétriques de lépoque suivante ;et leurs mouvemens progressifs devaient encore être vacillans. Tous ces animaux^ res-pirant par des branchies, ne pouvaient encore proférer aucun cri, et vivaient dans lesilence le plus absolu. Il y a certes loin de aux temps ou la surface de la terre sestpeuplée doiseaux et de mammifères, et oh lhomme a pu réfléchir sur les événemensqui ont amené ces changemens dans la vie organique. Lon conçoit à peine quen pré-sence de pareils faits il soit possible de méconnaître un ordre de succession régulier,une progression constante dans la création.