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le devant que sur le derrière du tronc. Leur forme et leur disposition variées servent à distin-guer les espèces entre elles.
La dentition ne laisse aucun doute sur les moeurs carnivores de ces poissons. Je ne connaisaucun genre dans lequel elle soit plus développée, et c’est ce qui m’a engagé à leur donner lenom d 'Eugnathus. Ce qui les distingue en outre, c’est l’inégalité des dents : on voit surchaque mâchoire de très-grosses dents coniques et d’autres plus petites ; les plus grosses occu-pent de préférence le milieu de la mâchoire où elles forment parfois un contraste assez frap-pant avec celles de l’avant et de l’arrière , surtout à la mâchoire inférieure. Le museau est al-longé et pointu. La gueule est profondément fendue.
Le type des Eugnathus paraît avoir prédominé à l’époque du lias ; c’est du moins dans celteformation qu’on en a trouvé jusqu’ici le plus grand nombre.
1. Eugnathus orthostomus Àgass.
Vol. 2 , Tab. S7 a.
Le poisson que je désigne sous ce nom, résume à un haut degré tous les caractères du genreEugnathus tel que nous venons de l’esquisser. Sa forme élancée, ses mâchoires robusteset sa caudale très-ample, indiquent assez un poisson vorace et un bon nageur. La tête,sensiblement plus longue que le corps n’est haut, est contenue trois et demi fois dans la lon-gueur totale du poisson. La mâchoire inférieure est très-droite et armée en arrière de troisfortes dents coniques, précédées d’une quantité de dents plus petites qui occupent sa partieantérieure. Le maxillaire supérieur a des dents plus uniformes et il n’y en a que quelques-unes au milieu dont les dimensions l’emportent un peu sur les autres. A en juger d’après ladirection du profil de la tète, il paraît que la mâchoire supérieure est plus courte que l’infé-rieure ; cependant il se pourrait que cette différence dût être attribuée à l’absence de l’inter-maxillaire. Nous verrons du moins que, dans VE. speciosus Tab. 57, où cet os est bien con-servé , les deux mâchoires sont égales. On remarque en outre parmi les os de la tête,l’opercule qui se distingue par son bord postérieur arrondi ; le subopercule est plus large quele préopercule, qui a la forme d’un croissant étroit. Les rayons branchiostègues, au nombre dehuit ou neuf, sont très-distincts ; les plus rapprochés des pièces operculaires sont les plus largeset les plus grands, et semblent passer insensiblement au sous-opercule. L’orbite est de moyennegrandeur ; les os de la face qui l’entourent sont trop fracturés pour pouvoir être décrits isolé-ment. La ceinture thoracique est assez bien conservée ; on remarque à l’humérus une fortesaillie arrondie au-dessus de l’insertion des pectorales.
Les nageoires sont toutes conservées , ou du moins il en existe des rudimens. La dorsale estgrande , située à-peu-près au milieu du dos ; ses rayons sont forts, gros , articulés jusqu’à labase et divisés en un grand nombre de filets à leur extrémité ; j’en compte dix-sept, qui vont