REMARQUES
SUR LES SAUR01DES EN GÉNÉRAL.
On a pu voix* par la description des genres et des espèces qui précèdent, que tous les Sau-roïdes ont une physionomie particulière, appropriée à leur genre de vie. Ce sont des poissonsordinairement élancés, à charpente osseuse robuste, et munis d’un appareil locomoteur vi-goureux très-approprié à une natation rapide. Ici, comme chez tous les poissons voraces, c’estla caudale qui joue le plus grand rôle ; car plus cette nageoire frappe l’eau avec force, et plus lepoisson progresse rapidement. Aussi voyons-nous que cette nageoire est très-développée, danstous les Sauroïdes. Les deux genres vivans, le Lepidostée et le Polyptère sont peut-être, à cetégard, les moins favorisés, car il n’est aucun autre genre chez lequel cette nageoire soit aussiréduite. La forme de la caudale n’est pas non plus sans importance pour l’acte de la natation :nous remarquons à cet égard des différences très-tranchées entre les genres, et ces différencesméritent d’autant plus d’être prises en considération qu’elles caractérisent en quelque sorte lesdifférentes époques de la création et‘cela d’une manière bien plus précise que les costumes necaractérisent les époques de l’histoipe des nations. Les Sauroïdes comme les Lépidoïdes peu-vent à cet égard se diviser en deux groupes. Les uns à caudale inéquilobe, c’est-à-dire quiont le lobe supérieur plus allongé que le lobe inférieur et garni d’écailles semblables à cellesdu tronc, avec cette particularité que la colonne vertébrale s’étend jusqu’à son extrémité. Telest le caractère de tous les Sauroïdes antérieurs à la formation jurassique. Le second groupea la caudale plus ou moins équilobe, et si les rayons ne s’articulent pas toujours sur la mêmeligne verticale, du moins la colonne vei’tébrale ne s’étend pas dans le lobe supérieur et celui-ci n’est pas garni d’écailles. Ce groupe peut se subdiviser en deux sections, dont l’une com-prend les genres à caudale distinctement fourchue, et les autres ceux dont la caudale est plusou moins arrondie comme dans le Lépidostée et le Polyptère. Il est digne de remarque queles genres fossiles de cette dernière catégorie soient les plus i*écens ; on ne les renconti*e quedans les derniers dépôts de la formation jurassique; tandis que ceux de la première sectiondominent plus particulièrement dans le Lias. A cet égard nous voyons que la nature a pro-gressé, comme dans une foule d’autres cas, des formes composées et asymétriques, aux forâ-mes plus simples et uniformes. Un tableau de toutes les espèces de cette famille rangéesd’après leurs affinités et un second où elles figurent dans l’ordre des formations auxquelleselles appartiennent, fera mieux ressortir ces résultats.