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CHAPITRE VI.
Dü GENRE PLACODUS Agass
La place que j’assigne à ce genre dans la famille des Pycnodontes doit être envisagée enquelque sorte comme provisoire, attendu que n’en connaissant point le squelette, nous nepouvons savoir s’il participe de cette même structure compliquée que nous avons décrite dansles genres Pycnodus et Microdon. Sa dentition elle-même, bien que construite sur le mêmeplan général, présente des variations notables dans la forme extérieure ; mais d’un autre côté,la structure microscopique des dents est la même que chez les autres genres , en sorte que jene crois pas me tromper en plaçant ce genre aux confins de la famille des Pycnodontes.
Nous avons ici, comme dans le genre Pycnodus, deux sortes de dents, des dents molairesà couronne large et plate, tapissant le fond de la gueule et des dents incisives destinées à re-tenir ou à saisir une proie. Les dents molaires présentent ce caractère commun, d’être plateset peu saillantes ; mais il existe entre elles des différences considérables dans les contours etdans les dimensions, suivant la position qu’elles occupent. Les plus grandes sont placées aumilieu du plancher dentaire, et accompagnées parfois d’une rangée latérale de chaque côté.Les incisives, quoique fort différentes des molaires, sont cependant moins acérées et plusmassives que dans beaucoup d’autres genres. Celles de la mâchoire supérieure sont implantéesdans une sorte de rostre élargi. J’ignore quelle est leur position exacte dans la mâchoire in-férieure, et s’il y en a le même nombre qu’à la mâchoire supérieure. Ce qui est certain, c’estque la plus grande variété paraît régner à cet égard entre les espèces que nous rapportons àce genre. Il y en a même qui paraissent en être complètement dépourvues, le PL Mumteri .,par exemple; du moins la mâchoire se rétrécit tellement en avant, qu’on comprend à peineoù elles auraient été placées. Si l’on parvient jamais à constater d’une manière directe cetteabsence d’incisives, il conviendra peut-être de faire de cette espèce le type d’un genre à part,d’autant plus que la forme des mâchoires et la disposition des molaires elles-mêmes présen-tent des différences notables que nous signalerons dans la description spécifique.
Quoi qu’il en soit de ces différences, toujours est-il que les Placodus sont un type très-re-marquable, et, comme on ne les a trouvés jusqu’ici que dans la formation triasique, on peut,
jusqu’à un certain point, les envisager comme les représentans et les précurseurs des vraisTom. II. Part. 28