DE LA FAMILLE DES SPHTRÆNOIDES.
CHAPITRE I.
DES SPI1YRÆNÜIDES EN GÉNÉRAL ET DU GENRE SPIIYRINA EN PARTICULIER.
Dans la classification des poissons, les Sphyrènes ont jusqu’ici fort embarrassé les naturalistes,parce que , s’attachant à des caractères isolés et peu importans, que nous voyons même sou-vent varier dans les divers genres de la même famille, ils ont négligé l’ensemble de leur orga-nisation. C’est ainsi que Linné les avait réunis au genre Esox , à cause des dents aiguës quiarment leurs mâchoires ; mais ces dents n’ont de commun avec celles des Brochets que leursbords tranchans et leur forme effilée. Àrtédi en avait fait un genre, sans déterminer leur po-sition naturelle. C’est à Cuvier qu’il appartenait de faire ressortir leurs rapports intimes avecles Acanthoptérygiens ; seulement je crois qu’il les rapproche trop des Perches, avec lesquelleselles n’ont rien de commun K sinon d’être acanthoptérygiens. C’est là aussi la seule raison pourlaquelle Cuvier les place dans la'grande famille des Percoïdes dans un groupe à part, où ellesse trouvent entièrement isolées. En effet, elles n’ont ni les dentelures, ni les épines propresaux pièces operculaires des Percoïdes ; leur voiner manque de dents, et les dents des mâ-choires sont disposées et conformées fout autrement que dans les Percoïdes. Enfin le bordpostérieur des écailles est lisse, ce qui n’a lieu dans aucun Percoïde. Il n’y a pas jusqu’auxnageoires qui présentent des particularités remarquables, entre autres les rayons postérieursprolongés de l’anale et de la seconde dorsale, et la forme générale de la caudale.
En revanche , si l’on fait abstraction de la position des ventrales , les Sphyrènes ont tous lestraits essentiels de l’organisation des Scombéroïdes. Leur dentition est la même que celle desThyrsites ; et autant la conformation de leurs viscères les éloigne des Perches, autant elle lesrapproche des Scombéroïdes, et surtout de ceux dont le canal intestinal est simple et presquedroit, sans circonvolutions ni replis. Les nombreux cæcum , la nature du foie et de la rate ,même la forme de la vessie natatoire, sont des traits de Scombres. Enfin tous les caractèresextérieurs les plus marquans les en rapprochent : la tête allongée, le crâne aplati, les écailleslisses, la grande caudale, et jusqu’aux longues vertèbres et aux petites côtes.