INTRODUCTION. 3
de l’astronomie au moyen âge, publiée en 1819; nous ajoute-rons, pour nous servir des expressions d’un savant célèbre : « La« haute opinion qu’avait M. Delambre des résultats obtenus par« M. Sédillot n’est pas le témoignage du moment; c’est le juge-« ment impartial de l’histoire, porté il y a quinze ans par un« des hommes qui ont le plus honoré la France . »
M. Sédillot commence par compléter la traduction du ma-nuscrit d’Ebn-Jounis, tiré de la bibliothèque de Leyde , etcomposé de vingt-deux chapitres; il retrouve vingt-huit nou-veaux chapitres de cet astronome dans un ouvrage d’Ebn-Schathir, et nous montre des progrès dont nous n’avions au-cune idée; un grand nombre de pratiques et de règles quirapprochent la trigonométrie arabe de celle des modernes,l’emploi des tangentes et des sécantes comme moyen subsi-diaire en certains cas plus compliqués, des artifices de calculqui n’ont été imaginés en Europe que dans la première moitiédu xvm e siècle : voilà ce que M. Sédillot nous donne d’aprèsces derniers chapitres d’Ebn-Jounis 1 .
Mais ce n’est pas tout : il existait un Almageste d’Aboul-Wefa,astronome de Bagdad qui vivait au X e siècle, contemporaind’Ebn-Jounis; et il se trouvait dans plusieurs bibliothèques;Weidler le cite en passant; il paraît que personne n’avait prisla peine de le lire; il contient les formules des tangentes et dessécantes, des tables de tangentes et de cotangentes pour toutle quart de cercle; Àboul-Wefa en fait le même usage qu’onen fait aujourd’hui dans les calculs trigonométriques ; il changeles formules des triangles, il en bannit ces expressions compo-sées si incommodes, où se trouvaient à la fois le sinus et lecosinus de l’inconnue; il complète enfin la révolution dont l’au-
1 Voy. Delambre.