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Tome premier.
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DE L’ASTRON OMIE MODERNE. 413

qu’à lui-même. Tycho ne pouvoic manquer de patrie, il appar-tenait à rUnivers. Si Pefpece, humaine a feule le privilège devivre dans tous les climats , ce privilège appartient fut-tout àl’homme de bien qui mérite partout des amis , 6c à l’iiommeà talens , qui est: accueilli partout comme un bienfaiteur. Mal-heur donc au pays qui méconnaît les dons du ciel , 6c quipersécute l’homme de tous les tems 6c de tous les pays. Tychofut déliré par l’Empercur Rodolphe. Ce prince lui donna unetorte pension, 6c lui offrit le choix dans plusieurs domaines,pour y établir son habitation 6c son observatoire. Rodolphelui sit encore deux préfens, en lui donnant deux coopérateursdignes de lui ; Longomontanus 6c le célébré Kepler, qui venaitapprendre , fous ce grand maître, une science où il devoir lerendre immortel. Tycho resta quelque tems dans un château,près de Prague, puis ne s’y trouvant pas bien, il désira deretourner à la ville. Nous croyons appercevoir dans les der-istgres années de la vie de Tycho, l’inquiétude d’un esprit malà son aile , 6c qui fe sent déplacé. Les hommes tiennent plusà la patrie que la patrie ne tient à eux ; leurs concitoyens ,composés d’indifférens ou d’envieux , ne les connoiffent point,ou les connoiffent mal , 6c ne leur rendent justice qu’aprèsleur mort. Mais l'homme tient aux lieux où il est né , par lesouvenir de Penfance 6c de la j eu n este ; il n’oublie jamais lethéâtre de fes premieres affections, la carrière de fes travaux 6cde fa gloire ; il íe console de vieillir, par le spectacle des lieuxoù tout est réminiscence , 6c où il jouit encore du pâlie. STI

soient ni Tycho , ni la ville du ciel ; ccsnoms leur étoient absolument étrangers. Unseul vieillard avoir vu Tycho & son obser-vatoire > il se vantoit d'avoir aidé à saconstruction Voilà comment la gloire s’ef-tace & les noms s’ensevcliíTent A peine un«ktnilieek ctoit-il écoulé : un établissement

royal, la fondation d’un grand homme „avoient disparu , & les noms mémes étoienrperdus pour les habitans. Dernandei à ceshabiransoù font les connoiifances amasséesdans leur isle ; c’est un exemple en petit deschangemens du monde Si des révolutionsde l'ignorance.