4; 6 DISCOURS
formé de terre 6c des autres élémens ; fi les parties qui leconstituent obéissent au pouvoir des astres , comment n’yseroit-il pas soumis lui-même ? 11 est debout au milieu del’atmosphere, il est entouré, pressé, nourri par elle ; la chaleurle brûle, le froid le glace, le poids de l’air l’accable : des sen-sations fi puissantes ne modifieroient-elles pas son être? IIn’est point'd’aliment dont l'homme use plus fréquemment quede l’air. Cet air entre par tous les pores, il entretient la,vie, ilporte dans les poumons un baume, qui répare le sang apauvridans son cours. Les anciens philosophes ont cru que par uneraison secrette , l’homme dépendoit plus du ciel que de laterre ; ils ont été jusqu’à dire que les âmes étoient une portiondu ciel même. En effet, ajoute Tycho , la structure du corpshumain est si analogue àux propriétés dë$ sept planètes, quela nature répete en petit , dans chaque machine abrégée, lesgrandes opérations qu’elle exécute dans l’espace, où elle faitmouvoir les planètes. C’est pour cette raison que l’homme aété appelé microcosme ou petit monde . Nous avons , commel’univers, sept ressorts principaux ; le cœur, source des espritsvitaux , est comparé au soleil, d’où procede la chaleur vivi-fiante ; le cerveau est assimilé à la lune ; il croît 6c décroîtavec elle. Ces deux viscères ont dans le corps humain le mêmerang 6c la même importance que les deux grands luminairesont dans les choses célestes. Le cœur d’où naît le mouve-ment , le cerveau , d’où partent les idées, ont la liaison laplus intime , comme le soleil 6c la lune , qui se suivent 6cs’atteignent pour recommencer ensemble leurs cours. Le foie6c les reins , viscères moins considérables, mais non moinsutiles , se rapportent à deux planètes bienfaisantes. Le foie ,où se prépare le sang , qui fait la vie , est soumis à Jupiter ,planète sanguine 6c vitale ; les reins, où est le réservoir de la