4jS DISCOURS
comment, suivant ces hypothèses , les astres, en Rapprochant ,en mêlant, en tempérant leurs influences , produisent la diver-sité des caractères 8c des Fortunes. Mais on demande à l’apo-logiste de l’astrologie comment les jumeaux , nés presqu’aumême tems, Sc ce qui est plus pressant, comment deux enfans»qui voyent le jour au même instant, ont des passions diversesLc des fortunes si peu semblables ? Comment une multituded’hommes, qui périssent ensemble par la peste, parla guerre jou par quelque calamité , peuvent avoir ainsi le même sort »quoique nés en dissérens tems Lc fous des astres divers ? Lesphilosophes objectent que cet art ne peut avoir des principescertains. II est impossible de connoître le vrai moment de lanaissance , encore moins celui de la conception. On ajoute queles oracles de cer art, fusssnr-i!§ vrais* sonr inutiles Lc toujours
fâcheux, en affligeant le présent des maux de l’avenir, ou enotant aux biens futurs cette arrivée imprévue , qui les rend plustouchans, On dénonce la science même ; elle est impie, elleest condamnée par l’écriture , elle détourne les hommes dela connoissance de Dieu (a). Tycho, hardi Lc fort comme s’ileût eu raison, au milieu de cette foule de difficultés , n’estpas embarrassé de les résoudre. II ne faut point juger, dit-il,de ce qu on ne çonnoît pas ; récriture n’a pas interdit la sciencede l’astrologie ; elle en a condamné l’abus. On cherche à con-noître l’avenir pour s’y préparer, ou pour le changer, commeon use des remedes de la médecine pour se guérir. Ce n’estpoint aller contre la providence, ce n’est point manquer deconfiance en Dieu ; il veut iui-même que l’on use des ressourcesqu’il a données. La morale demande que l’avenir ne soit pasimprévu ; cette connoissance modéré les passions, elle partage
(a) Tycho, Oratio, page i8.