É C L A l R G I S S E M E N S. 445
tique ad latera j que cette aberration soit un phénomène réel, ou une erreurdes observations, cela ne sait rien a la queílion presente. On ne se seroitpoint apperçu que le soleil s’écartoit de fa route , que cette route s elevoit ous’abaiíTbit fur l’horizon, lì la trace invisible de cet astre n’avoit pas été mar-quée dans le ciel, si ce plan du cercle , dccnt par le soleil, n avoir pas etefixé relativement à Fhoi i/on par un instrument circulaire. Alors 1 idee d-ecette aberration fera née , ou d’un phénomène réellement observé, ou peut-ètre de ce que Finstrument aura baisté par son poids. On peut dire encoreque , suivant les Indiens & suivant quelques anciens Grecs , l’obliquitéde l’écliptique a pu être jadis de ij° (a). Au tems d’Eudoxe , on ne lafaisoit plus que de Z4 0 . La différence étoit aífez grande pour être remar-quée , mais elle exige un instrument. O11 pourroit objecter contre Fexistencedes instrumens d’Aristille & de Timocharis, que ces astronomes détermi-noient le lieu des planètes par des alignemens aux étoiles , 8 c qu’ils esti-moient les petites distances en diamètres de la lune : mais Timocharisrépond lui-meme à cette objection, & d’une maniéré qui résout toutes lesdifficultés , par l’observation de la déclinaison des étoiles. 11 avoit observécelle de Regulus de 11°|, celle de f étoile , qui est à la tète des Gemeaux ,de 33 0 (b) , ces déclinaisons, trop grandes pour avoir été estimées en dia-mètres de la lune, ont dû être mesurées avec un instrument circulaire; celaest de toute évidence. On peut concilier tout cela, en accordant à Timocharis,comme on ne peur s’en dispenser, Fustige des armilles pour les grands arcs,tels que ces déclinaisons d’étoiles ; mais en supposant que cet instrumentétoit peu commode, peu exact pour mesurer les petites distances, & qu’il apréféré de les estimer à la vue en diamètres de la lune. 11 est encore évidentqu’Aristarque devoit avoir un instrument propre à prendre des angles ,fans quoi il n’auroit pu déterminer l’élongation de la lune dichotôme. Ilétoit également indispensable qu’il eût un instrument pour mesurer lesdiamètres du soleil & de la lune ; Archimede le dit positivement (c). O11rapporte qu’Eratosthènes avoit mesuré par le moyen du dioptra , qui étoitune espece de quart de cercle , la hauteur d’une montagne ; il l’avoittrouvée de 10 stades (d), lesquels, suivant la valeur du stade, employé dansla mesure de la terre, donnent à cette montagne une hauteur de 855 toises.
(a) Histohe de l'Astronomie ancienne ,P- 3 3 3 -
(F) Almag. Lìb. VU, c. 1.
(c) Supra , p. 10.
(a ) Commentaire de Théon fur l'Almag.Lìb. I, p . 41.