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Tome premier.
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669
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É C L A I R C I S S E M E N S. §69

ne paroît pas qu’ils eussent sart de la guerre , ils n’avoient pour défense queleur courage. La consécration des bois par les Druides , est encore unepreuve que ces nations étoient nouvelles. Des peuples sortis récemment dela barbarie 6c nouveaux pour la société , s’assemblent dans les champs ,fur les montagnes & dans les bois ; les peuples civilisés ont des maisonspour habiter, & de grands temples pour honorer l’être suprême. Quand ladivinité n’a point d’asile clos 8c ferme , c'est que les hommes n’ont pasencore su se loger eux-mêmes. Des temples magnifiques ont existé de tousles tems dans l’Asie; c’est le titre de l’ancienrreté des races 6c les monumensd’une longue société. Les Gaulois , qui n’avoient point fait de pareils éta-bliísemens , n'étoient donc pas du même âge. En montrant que la sociétéétoit peu avancée dans les Gaules, c’est prouver que les sciences ne l’étoientpas ; car il n’y a point de sciences fans société, 6c leurs progrès correspondentà ceux de la civilisation. I.es vers chantés par les Druides ne forment aucunepreuve en leur faveur, x°. parce que nous n’avons point ces vers : i°. parcsque dans un tems d’ignorance ces vers paroilsoient contenir des classes fortsavantes , dont nous ferions aujourd’hui peu de cas. Jadis les vers d’Hésiodeétoient fans doute chantés ; fi nous ne les avions pas , on pourroit les regardercomme très-savans. On voit en les lisant, qu’ils ne renferment que l’astro-nomie des agriculteurs; c’est-à-dire, celle que nos paysans tiennent encoredes instructions de leurs peres, & de leur expérience : 3 0 . enfin parce que (ìces vers contenoient quelque connoisTance estimable, quelque grande vérité ,on doit croire que ces vérités étoient étrangères 6c avoieiu été traduites dansla langue des Celtes , comme dans l’enfance de la Grecs Orphée avoir misen beaux vers, dont la renommée a passé jusqu a nous, les principes & lesrésultats de la philosophie orientale.

§- i r.

Nous avons regardé comme certain que les Celtes font descendus primi-tivement des Scythes ; nous avons dit qu’on n’en doutoit pas : nous avons-pour garant M. l’abbé Banier, 6c plusieurs autres savans quí ont étudié l'an-tiquité des peuples; d’ailleurs les ravages que les peuples du nord ont faits,si fréquemment en Europe, ont prouvé qu’ils n’ignoroient pas le chemin deleurs contrées froides à des contrées plus heureuses. Ce n'est pas qu’on netrouve des auteurs qui ont soutenu une thèse contraire. Dans le siecledernier, en 1676 , Audigier dédia à Louis XIV un ouvrage fur l’origine desFrançois, dans lequel il s’efForçade montrer que les anciens Gaulois étoient