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Tome premier.
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ÉCLAIRCISSEMENT <r 7 i

même époque, qui chantoienr des vers qu’ils n’écrivoient pas, qui n’avoieutpoint la mémoire de rems fort anciens, &qui, dans des teins postérieurs,n’auroient peut-être pas su que leurs ancêtres avoient asiiégé le Capitole , siles Romains ne le leur avoient appris. 11 est clair que les inventions déten-dent par plus de perfection & d’ufage dans le pays où elles font nées ,comme les plantes font plus vigoureuses & plus fortes dans le fol où ellesfont indigènes. Si les Gaulois, dans des teins très-reculés , avoient été lesinventeurs des lettres , César auroit trouvé chez leurs descendans des ar-chives , des mémoires écrits, des historiens ; mais nos ancêtres n’ont pointde Sanchoniaton à opposer aux Phéniciens. II faudroit du moins convenirque si cette invention appartient aux Gaulois , elle leur a été suggérée par lanécessité d’un langage , mais qu’ayanc une fois satisfait à ce premier besoinde toute société naissante , la société ne s’étant point perfectionnée , lelangage est resté barbare. Alors il faut accorder une grande supériorité auxPhéniciens qui l’ont perfectionné : il faut croire que les colonies entraînoienthors du pays tous ceux des Gaulois qui avoient quelque esprit & quelquetalent ; il ne restoit que la partie la plus grossière de la nation : alors toutce que les Gaulois oU leurs colonies ont fait de glorieux Sc d’utile , ils l’ontfait hors de chez eux. Aujourd’hui, <Se depuis plus d’un siécle, que les sciencesfont cultivées en France avec éclat, on ne dira point que la constitution dePair & du fol est contraire au progrès de l’efprit humain. Mais ce qui dé-cide entierement la question , ce qui prouve que l’Europe & surtout laGaule n’a point eu d’astronómes avant les Grecs, c’est un passage de Plineque nous allons citer : Afrìcam , Hispanias , Gallias silerï non eric mirum :nemo enim obsavavìt in ìis qui Jiderum proderit exortus (a). Pouvons-nous ensavoir plus que Pline qui étoit beaucoup plus près que nous des tems doncnous parlons, qui étoit très-instruit, & qui dévoie connoître les Gauloismieux que nous ne le pouvons faire aujourd’hui ?

§- III.

Nous remarquerons une analogie singulière, qui n’offre pas les mêmesdifficultés. On fait que la plupart des langues diffèrent les unes des autrespar leur alphabet, c’est-à-dire, par la quantité des sons, & par le nombredes caractères qui les expriment. Les lettres apportées dans la Grece parCadmus, étoient au nombre de 16 (/>) j la langue runique, qui est l’ancienne

(a) Pline, Lib. XVIII, c. ij.

(i) Ibìd. Lib. VU , c. )6,