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Tome second.
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I! 6 HISTOIRE

formes lui sembloient avoir leur source dans l’entendementdivin, il croyoit que la géométrie étoit un rayon de l’intelli-gence suprême. L’homme, en l’inventant, s’étoit élevé auxidées que Dieu peut se former de la perfection (a). De lànaiísoient les efforts de Képler pour trouver les proportionsdes distances dans les rapports des corps réguliers. II ne fautpas que l’admiration nous aveugle, nous ne devons pas placersi haut la dignité des sciences. Dieu fans doute a composél’univers de rapports, mais ces rapports dont nous appercevonsà peine les plus simples Sc les plus généraux, font si multipliés,si compliqués , que la plus profonde géométrie ne les pénétrerajamais. Cette géométrie divine n’eít que la science de la nature ;son étendue Sc sa profondeur sont au-delà des forces Sc desmoyens humains.

Képler, digne successeur de Platon Sc de Pythagore , étoitpersuadé comme eux que les propriétés des nombres renfer-moient une infinité de connoiíïances. Pythagore y apperçut lamusique, les élémens de la nature ; Platon y découvrit les at-tributs divins ; Bodin montroit les trois gouvernemensdu peuple,des grands Sc des rois dans les trois proportions arithmétique ,géométrique Sc harmonique [b). C’étoit une ancienne folie queles Grecs nous avoient laissée, Sc qui nous agitoit encore.Euclide , géomètre péripatéticien , a traité des cinq corps régu-liers dans les derniers livres de fa géométrie, que Képler regardoitcomme le but de tout 1 ouvrage. Ramus, peu habile en géométrie,mesurant la clarté par son intelligence, vouloir rejeter ces livrescomme obscurs Sc inutiles. Képler entreprit de venger Euclide^Pythagore Le l’excellence des corps réguliers ; Sc ce motif, quiparoît d'abord peu utile au monde , ce travail fur des idées

(a) Harmoniccs mundi , Lib, I , p. x.

(b) Ibìd . Lib. IU, p. S*.