HISTOIRE
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avons un besoin presiant de fixer la position & l’étendue ; cesconnoifiances quoiqu’importantes , peuvent être attendues ; laterre reste , a fie z d’hommes y passeront, 6c le tems íuffit àtout. Mais la cupidité qui étend le commerce, l’ambition quiveut ajouter des royaumes à des royaumes, nous ont livrés àde nouveaux dangers , lorsque la découverte de la boussolepermit à nos vaisseaux de quitter la vue consolante des côteshabitées, de se hasarder dans les déserts de l’Océan ; l’ai-guille aimantée nous dirige , elle nous montre la route quenous devons suivre ; mais elle ne nous apprend point ni ladistance des côtes que nous avons abandonnées, ni celles desbords où tendent nos espérances. L’homme, dans une frêlemachine , avec ses biens , avec fa vie qui est le premier detous, est suspendu sur un abîme ; il ne voit qu’un horizon noninterrompu, une plaine unie Le monotone, il s’est condamnélui-même à l’exil, il ne fait où il est. La connoissance du lieuqu’il habite , la longitude qu’il peut ignorer tranquillementdans ses foyers , est ici de la premiere nécessité : il faut ou nepas marcher la nuit, Le c’est doubler le tems de son voyage,reculer le terme de ses désirs ; ou suivre le cours des vents dansl’obscurité , au risque de heurter la terre Le de se briíer surles écueils dont elle est défendue. II faut donc que l’industries’assure de la distance de ces terres si redoutables Le si désirées.Alors , comme dans tant d’autres circonstances, l’homme ayanttout perdu , n'a plus que le ciel pour ressource ; il voit lesastres qu’il voyoit dans fa patrie , ce font les seuls amis quilui restent. Ces astres lont fixes, il connoît leurs places , il enprend la hauteur fur l’horizon de la mer ; cette hauteur luifait voir à quelle distance il est de l’équateur. Mais tant delieux font à cette même distance, que fans s’écarter ni Rap-procher de ce grand cercle , il pourroit faire le tour entier du
globe