DE GASTRONOMIE MODERNE. i 55
aux progrès de la science, en imaginant, sinon une vérité ,du moins une hypothèse ingénieuse, qui simplifia l'explicationdes mouvemens célestes. Les trois équations de la lune étoientembarrassantes. Cette petite planète est plus irréguliere queles plus grosses : c’est quelle est fous nos yeux : les astres fontcomme les hommes ; quand on les voit de près , leurs fautesfont mieux connues , Sc leurs défauts frappent davantage.Képler avoit eu une idée heureuse, en soupçonnant que lesirrégularités de la lune naissoient de faction du soleil sur elle:mai s cette idée isolée étoit difficile à saisir par sa hauteur,elle devenoit hors d’usage , parce quelle manquoit de fon-demens solides ; elle n’indiquoit pas la loi que ces inégalitésdévoient suivre dans leur croissance. Képler, il est vrai, avoitdonné très-heureusement la vraie mesure de la troisième équa-tion, découverte par Tycho (a). La premiere étoit due à laforme elliptique Sc à l’excentricité de l’orbe de la lune ; maisla seconde équation que Ptolémée avoit reconnue, paroissoicdépendre auffi de cette excentricité, puisqu’elle sembloit n’avoird’autre esset que d’aggrandir la premiere dans les quadratures.Quoiqu’une partie de la premiere inégalité soit réelle, la plusgrande partie naît de ce que la terre est éloignée du centre del’ellipse que décrit la lune. Horrox vit qu’Arzachel avoit renduvariable l’excentricité du soleil, Sc que Copernic avoit respectéSc conservé cette variation , détruite depuis par Képler ; ilpensa que cette cause pouvoit expliquer la seconde équationde la lune , Sc il y vit un changement périodique de l’excen-tricité. Malgré le mouvement de la terre autour du soleil,l’orbe de la lune la suit, la terre est réellement immobile aufoyer de cette orbe , l’excentricité ne peut donc augmenter,
(a) II a dit qu’elle est proportionnelle lune au soleil; ce qui est vrai.au stnur du double de la distance de la Epitom, Astroti. Coper. p. ín.
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