DE L’ASTRONOMIE MODERNE. i8j
il s’échapperoit par la tangente au cercle qu’il décrit. Lorfqu’oaveut lancer une pierre par une fronde , on fait décrire à lafronde une portion de cercle, 5c la pierre lancée, en quittantla fronde, fuit une ligne droite, tangente à cette portion decercle. On peut sentir foi-même l’existence 6c Teffort de cetteforce. Si l'on attache un corps pesant à l'extrémité d’une corde,& qu’on le meuve circulairement, la corde se tend, le corpstire la main placée au centre du mouvement, 6c par la résis-tance qu’il faut lui opposer, on sent la force qui le sollicite às’éloigner du centre. Cette découverte de Defcartes aura degrandes utilités ; mais il vit cette force naître du mouvementcirculaire, fans avoir l’idée de le décomposer, 6c de chercherles forces qui conspirent à le produire. Nous appercevons iciles bornes de l’efprit humain. Defcartes, dans la pierre lancéepar la fronde, dans la pierre qui circule attachée à une corde,a bien reconnu la force centrifuge, qui tend à leloigner ducentre ; mais il n’a point vu la puissance qui la retient, quibalance 6c détruit cette force centrifuge. On peut dire mêmeque par ces corpuscules, mus de leur mouvement propre autourd’un centre , il a rappelé dans la physique les mouveraensprimitivement 6c naturellement circulaires , ces mouvemensadoptés si long-tems par l’antiquité, que Képler avoir com-battus 6e détruits (a). Faute d’avoir consulté les faits connus,d’avoir saisi les idées lumineuses déjà exposées , il a fait un pasen arriéré.
§. VIII.
Cette infinité de corps, mus circulairement autour d’uncentre, a formé des tourbillons ; Defcartes en apperçoit un
A a
(a) Supra, p. 46 L 70.
Tome J J.