DE L’ASTRONOMÏE MODERNE. 219
elles prirent une étendue qui permit de distinguer que des deuxcôtés du globe de Saturne ces anses renfermoient un espace,un vide à travers lequel on voyoit le ciel Le les petites étoilesque le hasard y saisoit rencontrer {a). Roberval crut que cesanses , formées en arc , étoient des vapeurs élevées en certainstems de la zone torride de Saturne (b). Mais indépendammentdu peu de vraisemblance de cette conjecture, pourquoi lesautres planètes, plus proches du foyer de la chaleur, ne pré-sentent-elles pas des apparences semblables? Les PP. Fabri ,Riccioli ne surent pas plus heureux (c).
Voici le compte que Huygens put fe rendre de ses obser-vations : puisque cette bande est lumineuse comme Saturne ,elle a donc comme lui une maste solide &í capable de réfléchirla lumière. Cependant cette masse ne s’anéantit pas lorsqu’elledisparoît ; on ne peut supposer quelle change de nature, &:quelle perd &c recouvre périodiquement la capacité de réfléchirles rayons solaires. 11 est plus vraiíemblable de croire que cesvariations viennent de fa figure Le de fa position. Huygens [d)imagina que cette bande lumineuse étoit une espece d’anneaucirculaire, qui enveloppoit Saturne, à une distance partout égalede son globe (e). II faut concevoir qu’il se soutient à la maniérédes voûtes ; íì l.i terre étoic enveloppée d’une pareille ceinturepierreuse , placée dans son atmosphère , toutes les partiespesantes de cette voûte, sollicitées à tomber vers le centre duglobe, s’appuieroient mutuellement par leur courbure , ôc de-meureroient suspendues. Cet anneau , qui a une largeur astezconsidérable, n a qu’une épaisseur très-petite ; il a une position
(a) C’cst lc Pcre de Clarcjue cjui fit cette (í ) Hugenii opéra , p. j 6 .
observation d’une étoile vue entre Saturne (c) lbia. p. 560 & íuiv.
& son anneau, Smith. opt. p. 440. (d) lbid. p. jéo Sc suiv.
M. de la Lande , AJìrcn. art. 311?. (e, Voye^ la figure u.