DE L’ÁSTÍÍÒNOMÏE MODERNE. r81
différentes observations ; le soleil l’occupe le matin , à midi »le soir ; 6c lorsque cet astre disparoît, les autres planètes , lesétoiles se découvrent pour amener d’autres travaux. Les astro-nomes souvent se les partagent, mais celui qui les embrassetous doit avoir un corps de fer : il faut que le zele de lascience réveille à des momens marqués dans la nuit; il fautque ce zele le défende du sommeil , s’il doit veiller pendantla nuit entiere ; il faut que ces veilles soient répétées , s’ilse consacre au travail suivi 6c renouvelé toutes les nuits deInobservation des étoiles ; 6c cela l’oeil attaché à la lunette ,l’oreille à la pendule , debout , ou le corps plié , souventcouché , regardant le zénith, malgré le froid des nuits 6c deshivers , malgré la fatigue 6c les dangers de l’insomnie ! Voilàla vie presque nocturne des astronomes ; ce fut la vie deTycho, d’Hévélius, de Flamsteed ; c’est celle qui a pressé lamort 6c la perte prématurée de AI. I’abbé de la Caille, d’unmaître que nous pleurons encore, 6c que la science, la vertu& l’amitié regrettent avec nous. Ces fatigues font les plusgrandes dans la partie de l’Europe, où l’astronomie a été le plusparticulièrement cultivée. Coppenhague, Dantzick , Londres,Paris , où ont vécu ces observateurs célébrés, ont un cielchangeant comme les hommes. Les belles nuits font souventisolées , 6c ne se suivent que dans quelques intervalles ‘assez-courts de l’année ; le reste des nuits est couvert d’un crêpe,ou n’a que des momens. II faut donc épier ces momens, 6c l‘in-constance du ciel, qui devient favorable à l’observateur. La plu-part des observations font ainsi dérobées ; c’est la constance,le zele, 6c fur-tout le tems qui les assemble pour fonder uncorps de doctrine. Mais l’activité naît peut-être de ces obs-tacles ; l’homme semble n’avoir de suite dans fa rechercheque pour ce qui se refuse à lui : en tout genre, les efforts íeTorne II. N n