DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 309
On peut lui pardonner de s’y être trompé avec Hévélius , maisla jeunesse de Caílìni fut plus éclairée que la maturité de l’as-tronome de Dantzic ; Caíîini échappa bientôt à cette erreur ,comme il avoir échappé à l’astrologie. II avoir un esprit népour pénétrer les faits, Le pour y lire les vérités renfermées;dès qu’il eut reconnu que le mouvement des comètes sem-blable à celui des planètes , n’avoit que des inégalités appa-rentes , s’exécutoit par des pas réguliers , croissans ou dé-croissms, avec une forte d’uniformité dans une route constante,propre à chaque comete , Sc différente de toutes les autresroutes célestes, il ne put croire que tant de régularité appartîntà des corps produits par le hasard, lancés à travers les tour-billons que Descartes avoir placés dans le ciel. Ces astresobéissoient à des loix, le haíard n'en connoît point , ou nous-mêmes du moins nous ne connoissons pas les loix de ce quenous appelons hasard. La constance Sc la régularité lui parurentles caractères de la permanence ; il pensa que ces astres , silong-tems négligés , ou regardés comme des dépurations del’éther , calomniés comme apportant des maux fur la terre ,indifférens à ce qui s’y passe , pouvoient être semblables ànotre globe, se mouvoir avec lui Sc avec les autres planètesdans l’espace , Sc exister comme elles depuis le commencementdes choies.
Pour que la ressemblance fut complette,il falloir concevoirleurs retours ; Casiìni s’éleva à cette idée, trop long rems oubliéeou combattue; mais il y parvint par degrés, par des raisons liées,Sc propres à la revêtir de ses preuves. C’est parce qu’il avoirfait de bonnes observations de trois comètes (a) ; c’est parceque Tycho Sc Hévélius avoient eux-mêmes observé ces astres
(u) Celles de i6ji , 1ÍÍ4 , iL6j.