DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 64.1
cependant que des mesures plus éloignées donneroient des dif-férences plus grandes ôc plus décisives, & il desiroit qu’on pûtcomparer deux degrés déterminés , l’un fous lequateur , l’autrevers les pôles (a) ; la différence devoit être de 6 j j toises.
§. III.
M. de Mairan étoit doué d’un esprit sage, & cet esprit,aidé de vues fines &c ingénieuses, devenoit un esprit concilia-teur : il savoit que la nature n’est jamais contraire à elle-mêmedans ses faits ; il ne pouvoit concevoir que deux faits vraisdonnaííènt au globe une figure différente. II pensa qu’il dévoieexister un moyen de les ramener tous deux à la même conclu-sion , & voici ce qu’il imagina. La figure aplatie de la terre aété déterminée par Newton & par Huygens, en supposant quela forme primitive de la terre avoit été sphérique. M. de Mairanne pense point que cette supposition soit nécessaire ; il supposeau contraire que sa forme premiere a été allongée, ôc beaucoupplus qu’elle ne lest aujourd’hui. Lorsque la révolution diurne acommencé, 8 c que la force centrifuge a été produite, le globes’est élevé fous l’équateur d’une quantité proportionnée à cetteforce, il s’est aplati par les pôles, & cet aplatissement a di-minué l’alongement primitif, fans l’anéantir. Les degrés mesuréspeuvent donc nous indiquer ce qui subsiste encore de cet alon-gement , tandis que la chute des corps , altérée fous l’équateurpar la force centrifuge , demande un accourciílement du pen-dule (6).
§. I V.
Désaguilliers attaqua l’explication de M. de Mairan,
(b) Ibid. p. 131.
(<3 ) Mém. Acad. Scien. 1 71 j, p. 1 8 8 .
Tome II.
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