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Tome second.
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bien naturel d’en conclure que ce principe est celui du feu , lachaleur intérieure , laquelle évaporée en raison de la petitessede 8 corps, a abandonné tout-à-fait la Lune, fe maintientdans notre globe moyen , Ôc s’est conservée plus active dansle globe volumineux de Jupiter. Les changemens continuelsde fa surface , la disparition, la réapparition subite & i r régu-lière de ses bandes, les taches qui semblent se répandre , formerdes îles , se mêler òc se confondre , annoncent le travail dela chaleur des eaux. Ces dévastations ne permettent pointd'y supposer des habitans &í confirment le calcul de M. deBuffon ; cette planète est encore trop brûlante pour la ma-tière organisée. Le spectacle de la Lune n’étonne pas moinsles observateurs ; elle a l’air de la solitude. Huygens , quivouloir peupler cous les corps célestes , n’osoit y placer deshabitans (a). On n’y voie point d’eaux (b) , tout est vallons ÒCmontagnes ; cette sécheresse caractérise l’absence de l’élémentdu feu. Mais ces vallons ont eux-mêmes un caractère remar-quable , c’est leur rondeur. La forme de ces vallées ou circu-laires , ou ovales , faiíoit croire à Képler qu’elles avoient étécreusées par la main des habitans de la Lune (c). L’apparencede ces vallons donne bien plutôt l’idée de balîins, jadis remplisd’un fluide, qui s’est glacé pour former une plaine solide; cetteapparence est d’accord avec le défaut de fleuves Lc de mers,défaut reconnu par tous les observateurs (d) : il n’y a plusd’eaux , parce qu’elles se sont consolidées. Ces phénomènescomparés de Jupiter & de la Lune , la chaleur démontréepar A1. de Mairan indiquent donc que toutes les planètesont eu un fond de chaleur propre. Le réfroidissement, déjà

(a) Huygens, Plural, des mondes nj.(b) lbìd. p. m.

(c) lbìd. p. i ìo.(À) Supra, p. 3 8 8.