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HISTOIRE
L’ancienne histoire y est écrite , & la fable y est figurée ; lespremiers Dieux y conservent un empire. Anciennes erreurs ,vérités antiques , tout est écrit dans ce livre ; 6c l’homme quifait y lire , retrouve à la fois la grandeur majestueuse de lanature, la mythologie 6c les débris des cultes, les leçons de lafable Sc le souvenir de fes premiers ancêtres.
Ces Dieux, fi long-tcms adorés, leurs aventures, leurshauts faits , leur généalogie, consignés dans tant de Poèmes ,leurs noms tracés dans le ciel, ont inspiré aux hommes lacuriosité de pénétrer dans ces récits, de démêler ce qui appar-tient à la vérité ou à la fiction ; de deviner dans quel temsont vécu ces personnages , dans quels lieux font arrivés lesfaits rendus sacrés par une longue mémoire. Si la durée de latradition est proportionnée à l’importance des choses, qu’y a-t-il eu de plus important que celles dont le souvenir a résistéaux siécles 6c aux révolutions qui ont changé plusieurs fois laface de la terre !
II y a déjà long-tems qu’on a découvert ou soupçonnéque ces prétendus Dieux n’étoicnt que des hommes divinisés.Depuis, en particularisant cette idée, les uns ont pensé queles noms étant déguisés 6c les histoires travesties , la fablen’étoit qu’une altération des récits de la Bible ; les autres ,fous un autre point de vue, y ont apperçu l’histoire des ancienspeuples ; histoire enveloppée des ornemens du merveilleux, 6cchargée des erreurs de l’ignorance. Quelques modernes n’ontvu dans ces fables que des allégories ; ce font des emblèmesdont le sens a été méconnu. Jadis, avant l’invention de récri-ture, ou du moins lorfqu’elîe n’étoit pas vulgaire, on oíFroitau peuple des images, on lui parloir par des hiéroglyphes; c’estainsi qu’il étoit instruit des saisons , 6c averti des travaux del’agriculture. ^'intelligence des hiéroglyphes s’est perdue; on a
cependant