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Le duc fut très-satisfait de celte réception qui nelui coûtait rien ; il en fit, avant son d'part, sesreinercîniens au conseil de Soleureetles réitéra àune députation des premiers magistrats qui l’ac-compagna à cheval jusqu’à Neuchâtel .
Parmi les hommes de guerre que Soleure s’ho-nore de compter au nombre de ses citoyens , nousciterons le colonel Wolfgrand Greder, l’un desofficiers suisses au service de France , au dix-sep-tièine siècle. La ville d’Aire ayant été prise parLouis XIII , le 26 juillet 1641, le îoi chargeaGreder de la garde de cette conquête. Aire futquelque temps après assiégée par les Espagnols ;elle manquait d’approvisionnemens de toute es-père , et une partie des habita us et de la garnisonpéril de faim. Un chien coûtait 22 livres, dit unerelation contemporaine; un chat, 12 livres; unrat, 30 sols; enfin les soldats étaient réduits àfaire bouillir le cuir de leurs bandoulières poul-ie manger. L’argent avait totalement disparu :Greder fit fondre son argenterie et battit mon-naie pour payer sa troupe. On conserve encore àSoleur e quelques-unes de ces pièces ohsidionales ;ellesontcarréesetn’onld’empreinteque d’un côté,où on lit : ldd xih rex pius jüstds invictüs ariaüpio a bis obsessa 1641. {Louis XIH, roi pieux ,juste, invincible ; Aire deux fois assiégée la mêmeannée 1641). tirtder succomba aux fatigues dusiège et mourut. Après sa mort,la famine, augmen-tant chaque jour, força la place à se rendrd auxEspagnols , qui y entrèrent le 17 décembre 1641 ;mais le régiment suisse , six fois décimé par lafaim , en sortitavec les honneurs de la guerre.
Au nombre des femmes qui ont honoré laSuisse et dont le souvenir doit être sauvé de l’ou-bli , il faut placer Bar be de Roll, d’une ancienneet noble famille de Soleure . Distinguée par sabeauté , par son esprit, par des connaissances va-riées, elle épousa un gentilhomme de la maisonde Luternaw. Veuve peu de temps après son ma-riage , elle ne renonça point au siècle pour s’ense-velir dans un couvent; mais elle resta dans lemonde pour l'embellir. Comme elle avait aiméla botanique dès son enfance, elle consacra sontemps à étudier la vertu des plantes et à soignerles pauvres malades de Soleure et des environs.Les cures miraculeuses qu’elle fit étendirent auloin sa réputation. On vint la consulter de tousles pays. Des princes, des seigneurs illustres, seeonlièreni à ses soins et furent guéris. La puretéde ses mœurs et sa douce piété , jointes à scs suc-ces en médecine, la firent regarder comme ayantre Çu du el une mission angélique, et plus d’un'naïade crut voir en elle une sainte. Elle parcou-rait les Alpes pour cueillir les plantes , qu’elle
préparait ensuite elle-même, et chaque matin ellecommençait sa journée par visiter les pauvresmaiades de la ville et de la campagne. Commeelle avait fait le lrie.i sans faste ni ostentation,quand elle mourut, elle demanda comme unegrâce qu’on ne ronsacrât à sa mémoire ni monu-ment ni épitaphe : aussi ignore-t-on aujourd’huila date de la naissance et de la mort de cette bien-faitrice de son pays. On sait seulement qu’elle vi-vaitau milieu du seizième siècle, par une lettre quele professeur Glareauus écrivait, en 1563, à Jé-rôme de Roll, neveu de Bar be rie Roll , en luienvoyant son poème latin sur la Suisse : Des—criplio et panegjrricon Helvetice. Dans cette épi—tre , il dit : « Qu’on croit trouver dans cettedame, également belle et aimable, un autre Hip-pocrate ou un autre Mithr idate ; tant elle commitbien les vertus des plantes. A combien de maladesabandonnés des médecins n’a-t-elle pas rendu lasanté ! A qui a-t-elle jamais refusé ses soins etses remèdes ! De toute l’Allemagne on vient à ellecomme à un second Esculape. Elle est vraimentla ressource du pauvreet la consolation du riche:ettout ce travail , pourquoi s’y livre-t-elle? est-ce pour s’enrichir ? non : elle fait le bien unique-ment pour le plaisir de le faire ; aussi je ne sou-haite à personne une plus longue vie qu’à cellequi a conservé la vie à tant de gens. Sa louange
est, il est vrai , au-dessus de mes faibles talens_
mais je veux que la postérité sache que la Suisse en général et Soleure en particulier ont plus rai-son de se glorifier de cette femme admirable , quej’appelle une héroïne , que les Scythes de leurTo-myris , ou les Romains de leur Lucrèce ... Et toi,mon cher Jérôme ! suis les conseils de ta tante,et que son exemple t’excite à tout ce qui est hon-nête et bon. «
HISTOIRE NATURELLE.
Géologie. — On voit une multitude de blocs degneissetde granit épars entre Soleure et le Jura ; laplupart de ces débris ont conservé leurs côtés tran-chans. Ces fragmens des montagnes primitivesabondent sur le Jura , même du côté de Rienneet de Lengnau , à l’O., au-dessus de Witlisbach,au N. Tous ces débris ont été amenés dans cçslieux du sein de la chaîne des Alpes par les tor-rens. Ceux qu’on trouve sur le revers du Jura ,dans la direction de l’O., depuis les environs deSoleure jusqu’au-dessus de Bienne , de Neuchàteet de Grandson viennent de la chaîne primitivedu Grimsel , des Aarhomer , des T'iescherlior—ner, etc. Tous ceux au contraire qu’on rencontreau N- des environs de Soleure , du côté de Wit-